Promo 2016 – 2021 (1A)

Pour plus de lisibilité, ces témoignages de 1ère années vous seront envoyés sous forme de livret si vous commandez les annales du concours de Strasbourg (procédure dans la rubrique “annales).

1. Marianne, 37 ans : préparation seule et en reconversion professionnelle

J’ai 37 ans et je suis donc en reconversion professionnelle.
Je n’ai pas vraiment choisi mes études ni mon ancienne profession. J’étais bonne élève et je me suis laissée porter. Après un bac littéraire, j’ai enchainé sur Sciences Po et un DESS (enfin on dit master 2 maintenant) financier. J’ai travaillé 10 ans dans le contrôle de gestion. Puis j’ai réalisé que travailler avec des chiffres pour le restant de ma carrière ne me convenait pas.
Après un bilan de compétence poussé, la validation du projet auprès de ma famille, me voilà partie pour tenter les concours des écoles d’orthophonie.
J’en ai passé deux pour voir si j’étais encore capable de passer un concours et mobiliser mon cerveau. Ca s’est pas trop mal passé : j’ai été éliminée dès les écrits mais j’ai vu que j’étais encore apte à raisonner sous pression.

Je me suis mise au travail en septembre, j’ai décidé de travailler seule.
J’ai commandé toutes les annales de concours disponibles, y compris pour les concours que je ne voulais pas passer, cela m’a permis de voir quelles étaient les bases de connaissances à acquérir. J’ai également acheté deux livres : le Grevisse (le manuel et les livres d’exercices) et un livre de tests psychotechniques, car c’étaient les deux matières où je devais me remettre à niveau.
Comme j’avais négocié mon licenciement, j’étais au chômage. Je travaillais les concours tous les matins une fois les enfants à l’école. Je ne m’offrais aucune dérogation : pas de mail, pas de téléphone, pas de taches ménagères, rien que du travail de 9h à 11h15. L’après-midi c’était relâche parce que bon faut quand même profiter de la vie !
J’alternais donc les annales, les exercices de grammaire et de psychotechniques.

Strasbourg fait partie des villes où j’avais passé le concours « pour voir » quand je me suis décidée à tenter l’orthophonie. Je savais donc le jour J à quoi m’attendre. J’avais fait toutes les annales, en faisant attention de les faire en respectant le temps imparti (notamment pour la partie orthographe où je trouve qu’il faut être rapide).
J’attendais l’écrit de Strasbourg avec impatience car c’est un format qui me convient.

  • Pour le QCM, je me suis préparée avec les annales. J’ai repéré quelques thèmes récurrents (géographie de pays d’actualité, question sur la musique, des personnalités alsacienne …). Je n’ai pas la patience d’apprendre des listes de culture générale avec des dates incongrues ou des groupes de musique, j’ai juste revu un peu de géographie mon point faible.
    En une heure et demie on a largement le temps de faire toutes les questions.
  • Pour l’orthographe, j’étais armée avec le Grevisse que j’avais décortiqué. J’avais aussi remarqué que les textes venaient souvent de la littérature française entre le 18ème et le 19ème, j’ai donc lu des auteurs classiques de ces périodes, histoire de me mettre dans le bain des tournures de phrases et autres syntaxes de l’époque. L’épreuve passe très vite, je n’ai pas eu le temps de me relire, donc il ne faut pas hésiter et être efficace.
  • Je redoutais le commentaire comme un peu tous les candidats je pense. Cependant, j’avais pu parler avec deux premières années et les deux m’avaient fait le même conseil : prends ton temps, profite de tes trois heures, construis ton argumentaire, montre que tu sais raisonner et surtout n’oublie de mettre un peu de toi dans ton texte. J’ai adoré le texte, l’ironie de l’auteur m’a plu, c’est une bonne aide pour faire un commentaire. J’ai pris le temps de structurer mon commentaire et en deuxième partie j’ai étayé mes arguments en donnant des exemples personnels, histoire de montrer un peu qui je suis (sans non plus en faire trop).

Côté logistique et organisation : je suis venue en voiture avec mon coach personnel (= mon mari). On a dormi à l’hôtel. Je suis allée repérer ma salle d’examen la veille (à faire absolument ! beaucoup de salles du concours sont dans des amphis au sein de l’hôpital civil c’est un vrai labyrinthe !). Du coup, on s’est baladé dans Strasbourg, c’était très sympa. Le midi pour les écrits j’ai mangé un sandwich acheté aux alentours de la fac de médecine.

Ce que j’ai apprécié pour l’écrit de Strasbourg : la ponctualité, le fait d’être dans des « petites » salles (c’est plus agréable je trouve de composer dans un amphi de 90 places que dans un hall de 1500 places).

 

D’une manière générale, l’oral est une épreuve qui ne m’effraie pas mais c’est du à mon parcours professionnel où j’ai passé un certain nombre d’entretiens d’embauche, d’évaluations, de présentations en comité de direction…
Cependant, j’aime bien savoir où je mets les pieds. Pour cela, j’ai eu l’occasion passer un certain temps au téléphone avec une première année en reconversion elle aussi. Elle m’a décrit par le menu les trois oraux, ce sur quoi je devais me préparer, et notamment ce que quoi je devais savoir argumenter en tant que reconversion. Ma discussion avec elle a été d’une grande aide.
La veille au soir Métafor organise un repas avec les candidats et les premières années. L’idée est géniale ! J’ai vraiment passé une bonne soirée, échanger avec les autres candidats sur leurs parcours, entendre les témoignages des premières années est vraiment riche, on emmagasine sans s’en rendre compte des petits conseils. Et l’énorme avantage c’est que le lendemain quand on arrive sur le lieu des oraux on connait déjà du monde, que ce soit des candidats ou des premières années. Ça réduit vraiment le stress.

  • J’ai commencé par l’entretien avec la psy. J’y suis restée plus longtemps que prévu (une bonne demi-heure). Je pense qu’elle voulait s’assurer que mon projet de reconversion était bien ficelé.
    L’échange a été agréable, mais les questions sur le côté « logistique » de mon projet ont été nombreuses et pointues.
  • J’ai terminé la matinée par l’oral de motivation individuel. Je n’avais pas préparé du tout cette partie et j’ai été un peu décontenancée par les textes. Je ne voyais pas trop quoi en tirer et ni comment rebondir sur ma motivation à être acceptée dans cette école ! Je me suis dit que de toute façon mes capacités à faire un argumentaire poussé avaient été testées dans le commentaire à l’écrit, que je n’allais pas recommencer à l’oral. J’ai donc fait une petite préparation très basique montrant que j’avais compris les idées principales du texte. Une fois devant le jury, en cinq minutes j’avais tout dit. J’ai ensuite eu beaucoup de questions par le jury mais toujours de manière bienveillante et agréable.
    On m’a demandé les raisons de ma reconversion, si mon projet était un projet de famille, si j’avais conscience de ce que ça allait représenter des études tout en gérant ma vie de famille. C’est passé assez vite, je suis restée en tout 25 minutes. Je suis sortie un peu frustrée car j’avais encore plein de choses à dire !
  • L’après-midi je n’ai passé l’oral de groupe qu’à 16h. C’est long d’attendre mais c’est là que d’avoir été au repas de Metafor la veille aide. On s’est déjà vu, on peut discuter entre candidats et passer le temps. Le sujet qui est tombé pour mon oral de groupe était très consensuel, pas du tout polémique et tout le monde avait de quoi dire. On sent clairement que ce qui intéresse le jury ce n’est pas les idées qu’on va donner mais la manière dont on se comporte en groupe. Je n’ai rien dit de palpitant par contre j’ai fait attention à respecter les règles de la vie de groupe : respecter le tour de parole, relancer l’échange, recadrer le débat,… Cela semble bateau à dire comme ça mais ce n’est pas si évident avec le stress mélangé à l’envie de bien faire. Cet oral m’a semblé long mais c’est parce que je l’ai ressenti comme une discussion biaisée, avec un faux rythme.
  • A la fin de l’oral, on doit écrire ses impressions sur un papier. J’étais prévenue du coup j’avais déjà une phrase toute prête.

Ce que j’ai apprécié à l’oral de Strasbourg : l’ambiance ! On peut parler avec les autres candidats, je n’ai eu que des jurys à l’écoute et bienveillants.


2. Témoignage Juliette, 20 ans, en prépa privée

Bonjour à tous !

Je m’appelle Juliette, j’ai 20 ans et j’ai passé deux fois le concours de Strasbourg (2015 et 2016), après deux ans de préparation aux concours d’orthophonie à Aix-en-Provence, suite à l’obtention de mon bac scientifique en 2014.

La prépa me semblait être la solution appropriée, me fournissant un cadre de travail et les bases à travailler pour le concours. J’avais des concours blancs hebdomadaires, et travaillais ardemment le vocabulaire et l’orthographe à la maison, à l’aide du Robert et Vuibert, sans oublier notre très cher Grévisse pour la grammaire ! Tout un programme ! Je m’appuyais également sur les annales très complètes que me fournissait la prépa, et faisais beaucoup de dictées à corriger (notamment celles de Strasbourg) en me chronométrant, cherchant sans arrêt à améliorer ma rapidité de réponse tout en restant rigoureuse !

Concernant le concours de Strasbourg, je travaillais régulièrement l’épreuve d’orthographe que j’aimais bien car elle me permettait de sortir des QCM infernaux que je faisais à la chaîne ! Pour ce qui est du commentaire de texte, j’ai plus tardé à travailler cette épreuve que je redoutais, et pour cause, la note déplorable que j’avais obtenue l’année précédente. J’ai donc travaillé le commentaire durant la semaine précédant le concours, à hauteur d’un sujet par jour, et je profitais de chacun de mes commentaires pour remplir une sorte de « réservoir d’idées », que je complétais régulièrement grâce aux idées issues de mes résumés de textes, ou des synthèses type Nice. Cela me permettait d’avoir des exemples concrets pour des thèmes aussi variés que farfelus !

J’ai donc pris l’avion de Marseille pour me rendre à l’écrit de Strasbourg, avec ma mère, qui, soit dit en passant, m’a été d’un soutien inestimable et m’a accompagnée jusqu’au lieu du concours le jour J.

  • Les épreuves commençaient le matin, avec le QCM de culture générale. Le temps imparti est très largement suffisant, ce qui peut même être déstabilisant (car tenté de corriger ses réponses !) Je vous conseille de vous faire confiance, même si c’est loin d’être évident !
  • S’en suivit l’épreuve d’orthographe, épreuve type de Strasbourg que j’avais bien travaillée et que je maîtrisais à peu près.

Je ressors de cette matinée mitigée, pensant que l’épreuve d’orthographe pourrait peut-être sauver les meubles, mais encore fallait-il être retenue à l’épreuve de culture générale !

  • Pas de place au doute le midi, il faut rester confiant et concentré pour l’épreuve du commentaire de texte qui dure trois heures. A première vue, le texte me parut étonnement long (par comparaison avec les annales), mais qu’à cela ne tienne ! Je me lance, faisant un bref brouillon, et je décide de développer une réflexion personnelle sur le sujet abordé dans le texte, et n’ai en rien cherché à faire un commentaire purement littéraire, mais plutôt un commentaire très personnel.

Je finis les épreuves éreintée, mais avec l’impression d’avoir tout donné. Et finalement, c’est ça le plus important ! Allez au bout de votre raisonnement, le jury cherche à vous connaître à travers vos réflexions personnelles, à vous cerner, à savoir quelle personne vous êtes dans la vie. Alors n’hésitez pas à laisser transparaître vos qualités, certes de bon rédacteur, mais aussi et surtout personnelles.

 

Quelle n’en fut pas la surprise quand j’ai appris que j’étais convoquée aux oraux ! Je me suis donc rendue à Strasbourg, quelques jours seulement après, et étais hébergée chez une étudiante de deuxième année.

  • Je suis convoquée en premier à l’oral de groupe, épreuve que je redoutais et qui finalement s’est avérée plutôt agréable. J’arrive très en avance, me permettant de faire connaissance avec les autres candidates du groupe, et ce qui, je pense, nous a permis d’avoir un oral de groupe convivial, vivant et bien construit sur le thème « Liberté de la presse: peut-on tout dire, tout écrire, tout parler ? ».
  • Je suis convoquée ensuite pour l’entretien avec le psychiatre. Cet oral n’est pas noté, et permet de parler de soi assez librement. L’entretien s’est très bien passé, je n’ai pas hésité à faire part de mes craintes, ou au contraire, de ce qui me réjouissait dans la vie. Après coup, je pense qu’il ne faut pas hésiter à parler de soi, de son parcours, de sa situation familiale…même si certaines questions peuvent déstabiliser par leur caractère intrusif.
  • Je finis par l’oral de motivation l’après-midi, qui consiste dans un premier temps en la présentation et l’analyse d’un texte, puis en questions plus personnelles. On me demande: « d’où je viens; pourquoi je suis ici; pourquoi j’ai décidé d’intégrer une prépa; qu’est-ce qui a changé entre ma première et ma deuxième année de prépa; qu’est-ce ferais en cas d’échec; comment j’envisage la vie seule, loin de ma famille; est-ce que je choisirais Strasbourg… » Enfin, le jury m’a demandé « Qui êtes-vous dans la vie ? » C’est finalement la question dont j’ai profité pour évoquer mes passions dans la vie, et notamment celle du chant.

Finalement, je ressors déçue de cet oral, pensant que j’ai ennuyé mon jury d’oral. Et pourtant, quelle surprise le lendemain lorsque je découvre que je suis admise au concours ! Alors ne vous laissez pas influencer et restez confiants, les attitudes du jury ne sont absolument pas révélatrices ! Et pour cause, c’est l’oral qui a fait toute la différence dans le classement final !

Je vous souhaite tout plein de courage pour les épreuves à venir, et surtout, restez confiant, tout est possible, votre réussite vous appartient !


3. Témoignage Anaïs, en prépa privée

Bonjour à tous !

En ce qui me concerne, j’ai préparé les concours d’orthophonie après avoir validé 3 années de licence d’économie/sociologie et une dernière en Erasmus en Allemagne.

Inscrite en prépa, celle-ci m’a, je pense, fait gagner du temps en me permettant de vraiment cibler les connaissances utiles ; je n’ai donc pas spécialement utilisé de manuels (nombreux!) supplémentaires. De manière générale, j’ai trouvé important de garder une certaine régularité de travail, ne pas forcément travailler huit, dix heures par jour, mais, en revanche tous les jours. (Chacun son rythme, mais mieux vaut moins d’heures de travail, productives, que s’astreindre à des heures de boulot inefficaces…)

Et, les derniers jours avant le concours, mieux vaut arriver l’esprit clair, prêt à tout donner que tenter d’apprendre quelques mots de vocabulaire de plus…

Chaque fois que c’est possible, essayez de joindre l’utile à l’agréable ! En rendant les apprentissages ludiques ou en y prenant du plaisir, on réussit mieux. Petites cartes de vocabulaire/définitions, profiter d’expositions-rencontres-musées pour intégrer des grands repères de culture gé…les moyens sont multiples, à vous de trouver les vôtres !

Pour préparer le concours de Strasbourg, j’ai trouvé utile de m’entraîner à rédiger plusieurs commentaires de textes (annales*) et plusieurs épreuves d’orthographe.

Enfin,courage, on passe tous par des moments spécialement difficiles, ne pas baisser les bras, ne pas trop regarder les statistiques, tout est possible !


4. Témoignage Salomé, 21 ans, en prépa privée

Je m’appelle Salomé, j’ai 21 ans et j’ai intégré l’école de Strasbourg en septembre. J’ai obtenu un bac littéraire en 2013 et je suis allée en prépa littéraire. J’ai fait mon hypokhâgne puis ma khâgne avant de m’orienter vers une prépa pour les concours d’orthophonie car les débouchés de la khâgne n’avaient pas de sens pour moi. J’ai donc préparé de nombreux concours grâce à une prépa assez intensive. Je n’avais pas tant de cours que ça mais le travail personnel était considérable. Néanmoins, je ne me suis jamais refusé un café avec une copine ou de voir des amis le samedi soir. Il est essentiel, à mon avis, de trouver un équilibre entre le travail et le temps personnel pour se sentir bien.

Le concours de Strasbourg arrivant un peu plus tard par rapport à la grosse série des écrits, j’avais eu un peu plus de temps pour le préparer. J’avais notamment travaillé la culture générale en regardant les annales car certaines questions retombent d’une année sur l’autre.

  • Le concours a débuté par l’épreuve de culture générale. Nous avions beaucoup de temps donc pas de stress. Je m’étais sentie plutôt à l’aise. Je conseillerais de tenir vraiment compte de l’actualité car les questions dessus sont nombreuses.
  • Par contre, le texte à corriger de l’épreuve d’orthographe était très long, il ne fallait pas perdre une minute.
  • L’après-midi nous avions le commentaire de texte à faire, le texte m’avait plu et les 3h de composition permettent de prendre son temps. J’étais plutôt satisfaite de moi à la fin du concours, j’avais tout donné et j’espérais être sélectionnée pour la suite.

Entre le jour des résultats de l’écrit et l’oral, il n’y a que quelques jours. J’avais donc anticipé et commencé à travailler l’oral avant d’avoir les résultats. J’ai pu passer un oral blanc avec une prof de ma prépa. Elle avait aussi organisé des oraux de groupes au sein de la prépa.
J’avais logé chez une 2ème année la veille du concours qui m’avait accompagnée jusque devant ma salle le lendemain, adorables ces Strasbourgeois !

  • J’ai commencé par un entretien avec une psychiatre à qui j’ai dû expliquer mon parcours. Elle était sympathique et ne cherchait pas à être déstabilisante.
  • Puis j’ai passé l’oral individuel face à un jury de 3 femmes. J’ai présenté mon commentaire de texte et elles ont rebondi sur ce que je disais, elles voulaient que j’aille au bout de mes idées. Je pense que l’une d’entre faisait exprès d’être sur son téléphone pour me mettre mal à l’aise. Au bout de quelques minutes elle a levé la tête pour m’écouter et j’ai pensé que ce que je disais devait quand même l’intéresser.
  • Enfin, l’après-midi, j’ai passé l’oral de groupe. J’avais discuté un peu avec certaines personnes du groupe avant d’entrer dans la salle. C’était important pour qu’on fasse un bon oral. Ce fut le cas. Tout le monde a pris la parole et les échanges étaient constructifs.

Pour moi, mes oraux s’étaient bien passés et j’espérais vraiment être prise car je n’avais pas d’autres résultats positifs des écrits. J’ai été prise ! Comme quoi, il suffit d’un seul concours et il faut toujours y croire.


5. Témoignage Clarisse, 21 ans, en prépa privée

Je crois que ce métier m’a toujours attirée. Après mon bac ES, je me suis tournée vers une prépa aux concours. Cette année-là, malgré mon investissement je n’ai décroché aucun concours, sans doute en raison d’un manque de maturité et de méthode. L’année suivante, je me suis orientée en fac d’anglais parce que ça me plaisait, et j’ai pu aussi préparer les concours en parallèle. Je travaillais sur des livres, essentiellement pour la culture générale, et je me faisais des fiches pour réviser les règles d’orthographe et de grammaire. Cette fois, j’ai décroché les écrits de Strasbourg et Besançon. Malheureusement, sans doute mal préparée aux oraux et aussi sujette au stress, je n’ai pas été classée en liste principale, ni rappelée (même si j’étais assez bien classée en liste complémentaire dans les deux écoles). Extrêmement déçue, mais toujours aussi déterminée, je me suis donc orientée pour ma troisième année post-bac vers une autre prépa au concours. A l’issue de cette année, j’ai été admise aux oraux de Clermont-Ferrand, Besançon et Strasbourg, et surpriiiiise, je suis allée à Strasbourg !

L’écrit de Strasbourg se déroule en 3 étapes :

  • Un qcm de culture générale
  • Une épreuve d’orthographe où il faut corriger les erreurs contenues dans un texte. Ensuite, quelques questions de grammaire et de conjugaison sont posées sur le texte.
  • Un commentaire de texte, en 3 heures, ce qui, je trouve, nous laisse suffisamment de temps pour pouvoir construire et exposer notre réflexion.

L’oral de Strasbourg :

Il a lieu quelques jours seulement après les résultats finaux des écrits, mieux vaut donc s’être préparé à l’avance ! Il se déroule en trois étapes, avec un oral de motivation individuel, un oral de groupe, et un entretien avec un psychologue.

  • Un entretien individuel : lors de mon entretien, je suis tombée sur un jury assez sympathique, ce qui m’a réconfortée, moi qui avais si peur de tomber sur un jury particulièrement froid ou déstabilisant. Je ne suis pas spécialement timide dans la vie de tous les jours, mais la perspective de passer devant un jury, pour cet oral que je savais si déterminant, me tétanisait et m’empêchait d’être naturelle. C’est donc avec une grande appréhension que j’ai mené mon entretien individuel, en essayant de gérer au mieux cet énorme stress qui donnait de moi une image qui ne correspond pas à la personne que je suis d’ordinaire. L’oral individuel se déroule en deux temps : premièrement on nous donne un court texte, et on nous laisse quelques minutes pour préparer un rapide commentaire du texte. Puis on expose nos réflexions, ce que nous inspire le texte, ce qu’il évoque par rapport à notre personnalité ou notre vécu. Ensuite, le jury nous pose quelques questions sur nous et sur nos motivations et c’est déjà terminé ! Tout cela se passe dans un temps très court et on ressort avec l’impression de ne pas avoir pu tout dire. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il faut certes préparer ses oraux à l’avance, mais il faut avant tout savoir rester naturel et essayer de montrer qui on est vraiment.
  • Un oral de groupe : un groupe d’une dizaine de candidats s’installe autour de la table, et le jury nous donne un sujet sur lequel débattre. Ce peut-être un sujet d’actualité ou une citation, et on nous laisse environ 10 minutes pour coucher nos idées sur papier et mettre en ordre nos arguments. Le débat est passé assez rapidement, et, même si l’on est en dans des conditions assez stressantes, l’ambiance reste plutôt conviviale, comme si l’on discutait avec des amis. Le jury est un peu en retrait, ce qui permet de relâcher la pression.
  • L’entretien avec un psychologue : cet entretien est lui aussi passé très vite. Pas de stress car il vise juste à voir si l’on est psychologiquement apte à devenir orthophoniste, l’ambiance est beaucoup plus détendue, on nous pose quelques questions sur nous, et c’est fini.

Les résultats d’admissibilité tombent très rapidement.  C’est le soulagement lorsque l’on est admis en liste principale, ou le début d’une longue attente si l’on est en liste complémentaire, mais il ne faut pas se décourager et prendre son mal en patience, et tout ça est vite oublié lorsque que l’on obtient le précieux sésame de l’admission en école d’orthophonie.


6. Témoignage Carole, 26 ans, préparation seule

Ma préparation au concours d’Orthophonie s’inscrit dans une reconversion professionnelle après avoir obtenu un master en Valorisation des patrimoines culturel et naturel.

J’ai préparé les concours seule de décembre jusqu’à mars. Après avoir pris connaissance des épreuves des différents concours, j’ai sélectionné ceux pour lesquels je pourrais plus facilement utiliser mes connaissances antérieures et pour lesquels je me sentirais plus confiante (Caen, Paris, Lille et Strasbourg).

J’ai fait les exercices des annales de grammaire et orthographe (Editions Vuibert) à fond en suivant les indications de temps pour me mettre en condition de concours. La correction de chaque exercice était active, c’est-à-dire que je repérais mes fautes récurrentes et je recherchais un moyen de ne plus les refaire (pas d’apprentissage des règles par cœur mais compréhension par l’entrainement).

J’ai fait les annales de grammaire et orthographe de tous les concours, même ceux que je n’avais pas choisis de passer pour avoir un maximum d’entraînement.

ORGANISATION DU TRAVAIL :

  • Début de la journée vers 8h-8h30 : je commençais la journée par du vocabulaire. Armée de mon Petit Robert, je cherchais la définition de tous les mots inconnus qui se présentaient dans les exo d’annales. J’en recopiais la définition. Cela me prenait beaucoup de temps mais me permettait d’avoir le temps de les penser et de les intégrer. Durée environ 2 heures. Je passais du temps à la recherche du vocabulaire parce que cela me plaisais aussi. Je pense qu’il est essentiel de prendre du plaisir dans sa préparation, ce qui donne la motivation pour les autres exo que l’on apprécie moins.
  • Suite de la matinée avec des exo de grammaire.
  • Pause-déjeuner d’une heure : penser à tout autre chose, en écoutant les infos, par exemple, ou en se défoulant sur la musique. Si tu écoutes la radio, je te recommande le jeu des 1000 euros sur France Inter vers 12h45, émission des grands-parents rudement efficace ! (avec des questions de culture gé et de connaissances de la langue).
  • Après-midi : poursuite des annales en variant les plaisirs, bien sûr !
  • Soir : 17h-19h : dictées. Entraînement à l’orthographe en mettant à contribution ma famille → 1 à 2 dictées de Bernard Pivot chaque soir puis, une fois le livre de dictée terminé, j’ai enchainé sur les dictées des Timbrés de l’orthographe (internet, il existe aussi un magazine des Timbrés).
  • Je n’ai jamais travaillé après 20 heures.
  • Weekend : apprentissage du vocabulaire cherché dans la semaine et reprise de certains exo des annales pour lesquels j’ai eu des difficultés dans la semaine. (Ne pas bloquer sur une difficulté mais y revenir quelques jours plus tard)

ACTIVITES :

  • Pas de fêtes mais des sorties régulières pour passer de bons moments de détente avec la famille et les copains.
  • Ne jamais culpabiliser lors d’une activité parce que c’est gâcher le moment et cela ne sert à rien.
  • Il est aussi important de travailler que de prendre le temps de faire tout autre chose car la préparation se fait dans la régularité et l’efficacité plutôt que dans la quantité.

Je ne me suis pas préparée en culture gé et j’ai fait du mieux que j’ai pu avec mes connaissances, ma logique et mes intuitions. En fait j’ai passé chaque épreuve dans cette idée mais particulièrement pour la culture gé car il y aura forcément des questions dont tu ignores la réponse.

CONCOURS DE STRASBOURG :

  • Epreuve d’orthographe : panique à bord au cours de l’épreuve car j’ai été prise d’un doute sur l’accord public/publique or il y en avait tout au long du texte (Déclaration des Droits de la Femme). J’ai tartiné du blanc un peu partout et ma copie reflétait clairement les hésitations. Travail peu soigneux mais combatif ! Je suis sortie de l’épreuve en pensant avoir tout gâché, je ne savais plus ce que j’avais corrigé ou pas, si j’avais bien fait de faire des modifications…
  • La pause du déjeuner m’a permis de me calmer en prenant soin de m’éloigner du lieu du concours pour éviter d’entendre les conversations des autres candidats.
  • Au programme de l’après-midi : commentaire de texte. Faire particulièrement attention à la gestion du temps (brouillon pas trop long) lors de cette épreuve rédactionnelle.
  • Oral : Aucune préparation pour Strasbourg. J’ai simplement lu en quoi consistaient les épreuves (Oral de groupe sur question générale, oral individuel avec commentaire de texte et entretien psy). L’oral de Strasbourg laisse davantage la place à l’expression de sa motivation et de sa personnalité que d’autres oraux plus basiques (comme à Paris).

Comme les épreuves se déroulent tout au long de la journée, on passe du temps avec les autres candidats et j’ai trouvé l’ambiance agréable. Les discussions entre 2 épreuves gommaient l’esprit individualiste des concours.

  • L’épreuve de groupe vise, à mon avis, à savoir si on est capable de s’adapter à de nouvelles personnes dans un contexte imposé. Savoir aussi si on est capable d’échanger des points de vue sur n’importe quel sujet en étant à l’écoute de chacun des participants et de ces apports. Bref il faut montrer qu’on l’on est capable de retirer le mieux de ces échanges.
  • L’entretien avec la psychologue était une conversation sur mes études antérieures, ce que je faisais avant de préparer le concours, pourquoi je préparais ce concours….
  • Le commentaire de texte – Courte présentation de soi. Je pense qu’il n’y a pas d’attente précise du commentaire mais que le but est de savoir comment on perçoit le texte, à quels aspects on est sensible, comment on expose ses idées. Pensez que l’important n’est pas tellement le contenu du commentaire mais il s’agit d’un moment de rencontre et d’interaction avec le jury. Il faut s’engager dans une communication avec eux. Il est important de rechercher le regard et l’attention de chacun des membres.
  • A la fin de mon commentaire, le jury m’a demandé qu’est-ce qui m’amenait ici. C’est le moment de se présenter simplement. Bien sûr que la situation n’est pas habituelle mais pense qu’il n’y a pas de parcours privilégié et que l’essentiel et de montrer comment tes expériences t’ont amené à vouloir être orthophoniste. Pour cela, prends le temps de faire le clair dans ta tête et de réfléchir aux éléments de ta vie qui te semblent importants de présenter au jury.

Se faire confiance. Oser

Se révéler, dans sa copie comme lors de sa rencontre avec le jury.

Garder confiance et enthousiasme, en toutes circonstances.

Ne pas abandonner. Se battre contre ses doutes.


7. Camille, 21 ans : faculté puis prépa privée

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai plus ou moins toujours voulu être orthophoniste. J’ai passé un bac S, et c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers la prépa directement après.

Mais la première année, je n’avais pas envie de « m’enfermer » dans la préparation d’un concours aussi spécifique, je voulais aussi m’ouvrir à d’autres choses, je me suis alors inscrite dans un cursus qui mixait fac de psycho et prépa, une fois par semaine. C’était très difficile de combiner les deux, et au final je n’ai eu ni ma L1, ni aucun des cinq concours  (Nantes, Tours, Nancy, Lille et Caen)que j’avais passés.

L’année suivante j’ai préféré me concentrer sur les concours, je me suis donc inscrite dans une prépa privée, dans un village en pleine campagne bretonne, pour n’avoir aucune distraction possible. Étant interne, je travaillais en quasi-permanence la semaine, surtout sur des exercices d’annales que j’avais trouvés d’occasion, et je faisais souvent des soirées culture générale avec des amies. Le week-end, je m’accordais plus de loisir et de temps pour moi. J’étais néanmoins inscrite sur un site d’entraînement au concours (QCMplus) sur lequel je travaillais notamment le dimanche. Cette année-là j’ai passé douze concours, et je n’en avais préparé aucun plus spécifiquement que les autres. J’en ai finalement obtenu trois très différents (Strasbourg, Toulouse et Lyon). J’ai beaucoup travaillé cette année-là, mais je n’ai pas pour autant l’impression d’avoir mis totalement ma vie entre parenthèse ! J’arrivais quand même assez facilement à sortir voir mes amis ou ma famille, sans culpabiliser de ne pas être au travail.

Je n’ai pas préparé spécifiquement le concours de Strasbourg. Étant originaire de Bretagne, je ne l’aurais d’ailleurs même pas passé si la date n’avait pas été si proche de celle de Nancy, permettant de faire d’une pierre deux coups, et d’économiser des frais de route. J’ai fait tous les déplacements en train et j’avais pris une chambre d’hôtel avec une copine de prépa. J’avais assez peu regardé les annales de Strasbourg et je dois avouer que je ne savais pas forcément à quoi m’attendre.

Mon ressenti a beaucoup évolué au cours des épreuves. J’étais très contente et confiante après l’épreuve de culture générale, et beaucoup, beaucoup moins après celle de français. Après le commentaire de texte, je ne pensais vraiment pas être retenue à l’oral, car c’était vraiment le type d’épreuve écrite ou je me débrouillais le moins bien. Au final, j’ai tout de même été appelée !

Être retenue à l’oral a été pour moi une grosse surprise ! Je ne m’y attendais tellement pas que j’ai complètement paniqué, et qu’avec mes parents nous avons tout de suite réservé le train et l’hôtel (le plus proche de la fac de médecine possible) sans attendre d’avoir plus d’information, et je n’ai donc pas été hébergée par une étudiante. C’était mon tout premier oral, et j’étais très stressée, et je pense que cela s’est ressenti sur mon oral individuel. Pour celui-ci, j’ai été bien plus à l’aise sur la partie personnelle que la partie explication de texte. Les questions étaient assez classique, comme « Que vous a apporté la prépa ? », « Que ferez-vous si vous n’êtes pas reçue ? » (question qui, bien que cela ne veuille rien dire, ne rassure pas!) Je n’ai donc pas été trop déstabilisée, mais j’étais consciente que mon stress était palpable. En sortant, je ne savais pas quoi penser, n’ayant aucun point de comparaison. En ce qui concerne l’oral de groupe, je l’ai très bien vécu ! Le groupe était sympa (j’ai d’ailleurs retrouvé beaucoup des candidats qui étaient avec moi dans la promo!) et la question plutôt intéressante. (« Bientôt, l’information se limitera-t-elle aux événements qui obtiennent le plus de like sur facebook ? » à peu près).

Strasbourg était mon premier oral, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre et donc, je n’étais ni confiante ni désespérée en reprenant le train pour rejoindre ma Bretagne. Heureusement (ou pas), les résultats étaient le lendemain, et j’étais sur liste complémentaire. J’ai donc continué mes oraux, pour finalement être rappelée mi-juillet, quasiment en même temps qu’un autre concours et, aujourd’hui je ne regrette absolument pas mon choix !


8. Clémentine, 21 ans : prépa privée puis faculté

J’ai passé mon premier concours l’année du bac à 18 ans. Je ne l’avais absolument pas préparé, je voulais simplement prendre la température, voir à quelle sauce j’allais être mangée. Suite à ce premier concours j’ai choisi de faire une prépa publique à Cherbourg. Après un an de préparation, j’ai été admissible à Strasbourg mais ajournée à l’oral. Ne me voyant pas faire une année de plus en prépa je suis partie en licence de lettres modernes. C’est après deux ans de licence que j’ai eu le concours d’orthophonie à Strasbourg et ai quitté ma Normandie natale.

LA 1ère ANNEE, j’ai passé 7 concours. Je les ai uniquement préparés avec les cours de la prépa ainsi que toutes mes fiches diverses et variées de culture générale et de français.

  • Un truc que j’ai adoré et qui m’a permis d’avaler la culture G en douceur, ce sont les jeux sur internet (Tout le monde veut prendre sa place et Questions pour un champion étaient mes préférés pendant mes trois années de préparation du concours).
  • J’avais aussi des livres fétiches : les Bescherelle (grammaire, orthographe, conjugaison), les difficultés du français (Larousse) et Le Fauteur de troubles.
  • Je lisais aussi beaucoup de romans car cela m’aidait à retenir l’orthographe des mots sans efforts puisque lire était un moment de détente avant d’aller me coucher.
  • Je m’obligeais à ne pas travailler le soir et le weekend jusqu’au dimanche midi afin de me reposer. C’est important de se laisser des moments de pause pour ne pas se dégoûter du travail et se fatiguer mentalement.

LA 2ème ANNEE, j’ai moins travaillé les concours car j’ai entamé ma licence de lettres modernes. J’ai choisi de me réorienter en lettres car je trouvais que le contenu des cours ressemblait fortement à celui des concours et que c’était dans la continuité de mon bac littéraire. J’ai pris un abonnement sur le site QCM + et me suis contentée de relire mes fiches de prépa. Je n’ai donc pas été très surprise de n’avoir aucune admissibilité cette année-là.

LA 3ème ANNEE, j’ai continué ma licence mais en adoptant le régime CEMU (ce qui me permettait d’organiser mon emploi du temps comme je le voulais puisque j’étais dispensée de présence au cours).

  • Je me suis à nouveau inscrite sur QCM+ et j’ai tenté également le site maculturegénérale. J’ai repris les Bescherelle, me suis trouvé plusieurs Vuibert (dictées, vocabulaire) et un livre que je garde encore aujourd’hui, la culture générale pour les nuls.
  • Ce qui m’a beaucoup aidée cette année-là c’est que j’ai fait en sorte de me mettre le moins possible de pression.
  • J’allais aux cours qui m’intéressaient le plus ou qui m’aidaient à préparer les concours. Cela me permettait de changer un peu d’activité (travailler tout le temps les concours c’est fatigant), de ne pas déprimer seule chez moi et de voir mes amis.
  • J’ai fait également beaucoup de sport (course, natation, aquatrainning, fitness) et je pense que c’est vraiment un super moyen de se vider de tout stress ! Je ne me souviens pas combien d’heures par jour je travaillais mais je me laissais les soirées libres pour me reposer ou voir des amis, et réservais les weekends pour réviser mes cours de licence.
  • J’ai  accentué ma préparation sur l’épreuve de dictée et d’orthographe. Parce que la culture générale j’avais déjà l’occasion de la travailler pour tous les autres concours et parce que le commentaire on ne sait jamais vraiment ce qu’on attend de nous. J’ai appris la réforme de l’orthographe par cœur (ce n’est pas si long ne vous inquiétez pas) une ou deux semaines avant le concours. Si je l’avais apprise plus tôt je suis sûre que je me serais mélangé les pinceaux avec l’autre orthographe dite « traditionnelle ». Je me suis entraînée à faire des dictée corrigées avec un livre Vuibert, ai mis ma famille à contribution pour me dicter les merveilles (hum hum…) de Bernard Pivot et ai appris un max de vocabulaire, de règles et leurs exceptions !
  • Pour le commentaire, je n’ai pas préparé quoi que ce soit, j’en mangeais à peu près toutes les semaines en licence de lettres modernes. Si j’avais un seul conseil à donner, ce serait de ne pas rendre un commentaire « scolaire » dans lequel on trouve des formulations telles « Nous allons étudier le passage tant extrait de… », « dans un premier, temps […] dans un second temps [Enfin] ». Osez mettre votre style dans ce commentaire ! On cherche indirectement à voir votre personnalité alors ne pondez pas un truc bateau mais un truc qui vous ressemble ! Prenez des exemples de choses que vous adorez, issues de votre expérience personnelle et surtout éclatez-vous ! ça peut paraître bizarre vu la situation, mais pour avoir passé trois fois le concours de Strasbourg, j’ai vu la différence entre un commentaire pour lequel j’ai adopté un style scolaire première/terminale qui m’a envoyée aux oubliettes et un commentaire dans mon style qui m’a fait oublier que j’étais en situation de concours, et qui m’a ouvert la porte des oraux. Le soir du concours j’étais perplexe. Je pensais avoir bien réussi le QCM et l’épreuve d’orthographe mais avoir raté le commentaire. Finalement c’était le commentaire que j’avais le plus réussi.

En ce qui concerne la logistique, cette année mon père a fait 1700 km aller-retour pour m’emmener à Strasbourg. C’était la première fois que je n’étais pas seule et ça fait du bien de se sentir soutenue ! Nous avons dormi à l’hôtel et le jour J à la place de l’éternel couple « sandwich compote » j’ai mangé dans une brasserie ce qui m’a permis de faire une vraie pause déjeuner et de me ressourcer pour l’après-midi !

Lorsque j’ai su que j’étais admissible aux oraux du concours, il ne me restait que 5 jours avant le jour J. J’avais donc décidé de me préparer deux semaines avant les résultats. Pour cela j’ai pris un abonnement sur le site maculturegénérale et j’avais eu le temps en deux ans de penser à ce qui n’avait pas fonctionné lors de mon premier oral donc cela m’a aidée dans ma préparation. J’ai eu deux oraux blancs par skype avec une administratrice du site absolument merveilleuse ! J’ai réussi à mettre mes motivations à plat en n’ayant pas peur d’être sincère grâce à un petit exercice très sympa, l’écriture en rond. Au lieu d’écrire sur des lignes, on écrit en formant une sorte de tourbillon, cela permet paraît-il d’éviter la panne, ou la page blanche. J’ai aussi passé pas mal de temps avec mes amis et eux-mêmes se sont improvisés jury du concours. Quand il s’agit de parler de soi-même il est difficile d’être objectif donc n’hésitez pas à poser des questions sur vous à vos proches, ça aide bien !

Je suis venue à l’oral accompagnée encore une fois de mon père. La veille à l’hôtel j’ai regardé des extraits d’une série québécoise à mourir de rire, Le Cœur a ses raisons, afin de me détendre. Le soir avant de me coucher, j’ai pris du sirop pour la toux. Je n’étais absolument pas malade mais le sirop pour la toux endort (c’est ma grand-mère qui le dit) ! Du coup je suis arrivée à l’oral bien reposée et prête à entrer dans l’arène. Si j’ai bien un conseil à donner en ce qui concerne les oraux, c’est de ne pas hésiter à aller discuter avec les personnes qui sont dans votre oral de groupe. Cela permet de mieux cerner tout le monde et de parler de manière plus détendue au moment de l’oral.


9. Marie, 22 ans : prépa privée et seule

Je m’appelle Marie, j’ai 22 ans, je viens de région parisienne et je suis étudiante en première année à l’école d’orthophonie de Strasbourg cette année.

J’ai eu mon Bac L mention AB en 2012. L’idée de passer les concours m’avait déjà effleuré l’esprit mais je ne voulais pas me lancer directement. J’ai donc fait deux années de CPGE littéraire (classe préparatoire aux grandes écoles). Vu que l’idée de devenir orthophoniste ne m’avait pas quittée, je me suis inscrite dans une prépa privée à Paris (l’IGPEPM) qui m’a permis de bien cibler les points à travailler pour ce concours. J’ai beaucoup travaillé les règles de grammaire et d’orthographe ainsi que le vocabulaire et la culture générale. J’avais moins de problème pour les épreuves rédactionnelles. J’étais également inscrite sur un site internet de culture générale : maculturegenerale.com ; ça changeait de mes cours de prepa et le suivi était vraiment top. Cette année-là, j’ai passé 8 concours. Je n’ai été pré-admissible qu’au concours de Strasbourg. Cela a été un gros coup dur mais dans ce cas on se remet en question, on réfléchit aux méthodes de travail qu’on a utilisées et à leur efficacité…Pour mieux rebondir !

La deuxième année de préparation à été différente.

  • Je me suis à nouveau inscrite dans ma prépa mais cette fois-ci pour un cycle court (jusque janvier). Cela m’a permis de vraiment consolider mes bases en grammaire, vocabulaire, orthographe, culture générale et aux épreuves rédactionnelles. J’ai tout de suite remarqué ma progression et cela m’a vraiment rassurée et aidée pour la suite.
  • A la fin de mon cycle court j’ai travaillé chez moi en révisant mes annales, en faisant les exercices de la collection Vuibert et en travaillant plusieurs heures par jour sur le site QCMplus que je vous recommande vivement. Ce site m’a fait gagner en rapidité et les devoirs à effectuer chaque semaine étaient  vraiment complets et vite corrigés (la correctrice était vraiment de bon conseil). Un concours blanc était prévu chaque semaine avec un classement. Cela permettait de voir notre évolution. J’ai fait énormément de progrès. Les règles je les connaissais et mes réponses s’automatisaient ce qui a été un réel plus pour les concours.
  • Mais rester à travailler chez moi toute la journée est devenu très pesant : je ne pensais plus qu’à ça, c’était devenu une véritable obsession. J’ai donc intégré en mars une équipe d’assistant d’éducation dans  mon ancien lycée pour me changer les idées tout en continuant à travailler les concours mais d’une façon moins soutenue. J’ai aussi fait des séances de sophrologie que je vous recommande ! Cela m’a beaucoup aidé à gérer mon stress et à positiver !

Et cela a payé puisque cette année j’ai été reçue aux concours de Caen, Lyon et Strasbourg !

Pour le concours de Strasbourg, je me suis concentrée sur la culture générale afin de passer le premier écrémage de sélection. J’ai aussi mis l’accent sur le commentaire de texte bien qu’il n’existe pas de méthode spécifique à cet exercice. J’ai fait des fiches sur les auteurs, les idées phares selon les siècles…Afin d’avoir une présentation globalement claire dans ma tête et avoir plus de chance de réussir mon commentaire.

Dans tous les cas, ce qu’il faut viser ce sont les méthodes les plus efficaces pour toi et ton investissement personnel : il ne faut pas que ça te bouffe la vie non plus ! Il faut être organisé, méthodique et ZEN.

Pour l’écrit de Strasbourg :

  • Je me suis beaucoup focalisée sur le QCM de culture générale car cette épreuve constitue la première phase de classement et donc d’élimination notamment grâce au site maculturegenerale.com.
  • L’épreuve d’orthographe grammaire était pour moi « classique » quand on s’entraîne pour plusieurs concours, on reconnaît les pièges. Il faut bien connaître ses règles et se faire confiance car on doute vite sur ce genre d’épreuve où il faut être rapide et très attentif. J’avais donc préparé cette épreuve en faisant beaucoup de dictées à corriger.
  • Quant à l’épreuve de commentaire de texte…Je n’étais pas du tout rassurée car il n’existe pas de méthode à suivre spécialement pour ce concours. Ayant fait khâgne avant, je savais que j’en étais capable mais j’avais tendance à faire trop d’analyse stylistique. Je pense que dans ce concours il vaut mieux analyser le fond que s’attarder trop longuement sur la forme. Le but à mon avis est de montrer que nous nous adaptons et que nous savons faire des liens.

Pour passer ce concours la première année j’étais venue une semaine en Alsace avec mes parents pour visiter un peu la région et être sur place pour le concours. J’ai eu le temps de visiter un peu la ville, de regarder le lieu de l’écrit  aussi (allez faire un tour la veille car ce n’est pas facile de s’y retrouver dans l’hôpital civil). Mes parents avaient loué une location pour ces vacances. La deuxième année j’avais loué un studio avec mon père qui m’avait accompagné. Nous étions venus en train de Paris. Sur place le soir, j’avais mangé avec ma famille et j’avais prévu un pique-nique pour le lendemain midi.

L’ECRIT :

  • Le QCM de culture générale s’est bien passé les deux années. Les sujets à Strasbourg sont très variés donc ça laisse des chances  tout le monde de connaître des réponses. Le temps passe très vite par contre il ne faut pas hésiter à passer quand on ne sait pas répondre pour réussir à terminer et à avoir du temps pour reprendre les questions dont on n’est pas sûr.
  • La grammaire est une épreuve que je n’apprécie pas trop. Il faut être très concentré et se relire ! Il faut aussi se faire confiance pour ne pas sombrer dans un doute interminable. Je suivais généralement mon intuition.
  • Le commentaire de texte est l’après-midi donc mon plus gros conseil : n’écoutez pas vos amis durant la pause du midi qui reparlent de leurs réponses etc. C’est le meilleur moyen pour se dire qu’on a raté et qu’on n’ait plus envie de continuer l’après-midi…Parlez d’autres choses ! Et prenez le temps de vous recentrer avant la reprise de l’épreuve en vous disant que vous en valez la peine, que vous devez encore tout donner et gardez à l’esprit que ce qu’ils veulent à Strasbourg, c’est vous connaître alors n’hésitez pas à laisser transparaître votre personnalité !

A la fin de l’écrit je n’étais sûre de rien. J’ai longtemps repensé à mes réponses, à ce que j’aurais dû écrire…mais les résultats tombent vite heureusement !!

L’ORAL…le moment tant attendu !

  • Ça faisait longtemps que j’attendais ce moment du coup je l’avais bien préparé en amont. J’avais fait des listes sur ma motivation, mes qualités/défauts, ma vision de l’orthophonie, j’avais réfléchie sur les problématiques du secret professionnel, de l’empathie, de mon rapport à la maladie, au handicap…Et surtout j’avais travaillé sur mon stress grâce à des méthodes de sophrologie qui m’ont beaucoup servies.
  • Sur le site maculturegenerale.com j’avais aussi pris des modules pour travailler l’oral mais ces entraînements n’étaient pas spécifiques au concours de Strasbourg. De plus j’avais déjà passé l’oral de Caen qui s’était très bien déroulé donc je me suis dit que ça pouvait être le même cas ici !
  • Pour passer l’oral, je suis revenue seule à Strasbourg dans le même logement qu’on avait réservé à l’écrit. Je suis allée manger seule au « pilier des anges » près de la cathédrale. Je suis restée seule volontairement car c’était vraiment un défi personnel ce concours. Ça faisait deux ans que je voulais réussir le concours de Strasbourg et j’étais sur le point de réaliser mon rêve. J’avais besoin de ce temps pour moi, rien qu’à moi. J’avais acheté la veille de quoi manger le midi car l’oral à Strasbourg se déroule sur la journée puisque nous en passons trois !
  • J’ai d’abord passé l’oral avec la psychologue : c’était très détendu et naturel, une formalité en fait. Cet oral n’est pas noté, elle donne juste un avis favorable ou défavorable sur notre état psychologique.
  • Ensuite j’ai attendu pour l’oral de motivation. J’étais un peu stressée pour cet oral car il se base une nouvelle fois sur l’étude d’un texte. J’ai donc discuté avec des étudiants qui étaient présents et vraiment adorables, ça m’a fait du bien. L’oral en lui-même s’est bien passé bien que le jury soit assez fermé. Les trois personnes que j’avais devant moi ne laissaient rien paraître.
  • Puis, l’oral de groupe qui se fait sous forme de débat entre 10-15 candidats sur un sujet imposé : « Le monde est dangereux non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire ». Deux psychologues nous observent. Nous sommes complètement libres. Cette épreuve m’a un peu frustrée car je ne pouvais pas intervenir facilement. Mais c’était agréable d’échanger avec d’autres candidats. Nous avons dû écrire notre ressenti à la fin du débat. J’ai dit la vérité, cela ne sert à rien d’enjoliver la réalité. Je pense qu’elles veulent voir notre capacité d’analyse de la situation et notre remise en question.

C’était une journée à la fois éprouvante et sympathique où une fois encore je n’étais pas sûre de réussir…mais je n’avais aucun regret, j’avais donné le meilleur de moi-même.


10. Roxanne, 20 ans : seule (avec une prépa publique)

Bonjour à tous !

Alors petite présentation d’abord pour vous donner un aperçu de mon parcours ! J’ai eu mon Bac ES en 2014 à Nîmes (dans le Sud avec le soleil et les cigales !) et j’ai enchaîné sur une année de CPGE Hypokâgne BL (Lettres et Sciences sociales) au Lycée du Parc à Lyon. Je me suis bien vite rendu compte que non, non, ce n’était pas du tout ma voie et que je voulais être orthophoniste (idée qui avait déjà germé auparavant) ! J’ai fini mon année puis je suis rentrée chez moi pour préparer les concours d’orthophonie. Pendant un an, j’ai vécu à Nîmes et j’ai étudié à Montpellier, je faisais les trajets tous les jours (train puis tram puis marche, environ 2h30 aller-retour par jour). A Montpellier, j’étais en L2 Sciences du langage, parcours EPF. Le parcours EPF, c’est une prépa publique aux concours d’orthophonie. Néanmoins, cela ne représentait pas plus de 10h par semaine et la qualité des cours (sauf la préparation des oraux !) me fait plutôt dire que j’ai préparé les concours toute seule. J’ai finalement eu plusieurs concours à la fin de cette année marathon sponsorisée par la SNCF (si seulement c’était un vrai sponsor !) et j’ai choisi  Strasbouuurg, vous comprendrez quand vous viendrez passer le concours !!

Fort bien, mais comment a-t-elle travaillé toute cette année-là me direz-vous ! Et bien voilà :
NIVEAU TEMPS DE TRAVAIL FOURNI :

Je serai tentée de dire que ce n’était pas énorme, mais je pense que c’est aussi parce que je sortais d’une hypokhâgne qui m’avait demandé du travail continu (au sens propre, pas de vie pendant toute l’année, que du travail tout le temps) donc forcément, la prépa des concours d’ortho paraissait plus cool. Comme je faisais les trajets Nîmes/Montpellier tous les jours, j’essayais de bosser dans le train (j’essayais). Après, je rentrais (tard) chez moi, à ma maison, et là aussi, je dois avouer que quand j’avais commencé un bon livre ou quand quelque chose de bien passait à la télé, je me laissais tenter. Mais la majorité des soirs, je travaillais quand même, jusqu’à 23h en général. Quand j’étais à la fac, j’allais tout le temps à la BU pour bosser, dès que j’avais un trou ou que mon train arrivait trop tôt ou repartait plus tard. Le week-end, je me laissais aisément tenter par un resto entre amis (mais pas une soirée en boîte qui finit à pas d’heure) ou par une sortie chouette, mais surtout au début de l’année, ensuite quand approchent les concours c’était week-end boulot. Voilà pour le temps de travail !

MÉTHODES DE TRAVAIL :

Surtout ne pas lire et relire les fiches ! J’ai fait des fiches des Vuibert, complétées avec les cours de QCM+ et ceux de la fac, tout ça au début de l’année. Je me suis fait un bagage de fiches que j’ai gardées dans un coin. Je ne les relisais que juste avant les concours ou pour vérifier quelque chose dans une correction d’exercice. Ce que je faisais souvent, c’est que dans le train avant un concours je relisais toutes les fiches que j’avais faites, pour ne pas me mettre la pression avec les exercices et pour que quelques exceptions me reviennent en tête.

Le reste du temps, je suis partisane des exercices à 100% ! Pour moi, il n’y a que ça qui serve vraiment : faire encore et encore des exercices types des concours à passer ->

  • Choisir le plus tôt possible les concours à passer, se renseigner sur leur contenu exact et cibler ! J’ai acheté toutes les annales des villes que j’ai pu trouver auprès des asso : à Strasbourg notamment on peut les acheter et je ne serais pas une VP primo digne de ce nom si je ne vous mettais pas le lien avec ce petit témoignage (http://metaforstrasbourg.wordpress-hebergement.fr/centre-de-formation-en-orthophonie-de-strasbourg/concours-dentree/les-annales/) !
  • Un petit truc en plus qui est vraiment super chouette : le site QCM+ avec son concours blanc chronométré par semaine. Je le conseille vraiment : ce n’est pas très cher et s’il est fait dans le week-end, on est classé. Cela permet de se rendre vite compte de ses progrès, rien qu’au niveau gestion du temps (je n’arrivais jamais à le finir au début de l’année, alors qu’à la fin il me restait encore 20 minutes). Et pas de panique en ce qui concerne le classement : dans mon souvenir, je n’ai jamais dépassé la place 500, voire encore moins bien classée et j’ai quand même eu tous les concours que j’ai passés ! Ce n’est pas ciblé pour des villes en particulier, mais ça balaie beaucoup de choses importantes quand même.
  • Finalement, je n’ai pas énormément travaillé avec les Vuibert (je n’ai ouvert qu’une fois celui de vocabulaire, les autres je ne m’y suis pas attelée longtemps). Celui qui est vraiment très utile est surtout celui de dictées et textes à corriger !

Donc ça c’était pour les outils. Pour ce qui est de leur usage, comme je l’ai écrit, je m’entraînais constamment à faire des exercices – à force, je ne pouvais peut-être pas expliciter une règle avec toutes ses exceptions, mais je la connaissais et je savais l’appliquer en exercices (donc aux concours).

  • Je faisais le concours blanc de QCM+ tous les week-ends (ou en semaine si je n’avais pas eu le temps).
  • A côté de ça, je gérais les exercices dans des plannings. Je me faisais des tableaux de planning avec toutes les plages horaires que j’avais de libres et je mettais tout ce que je devais faire dedans. Après, il faut s’astreindre à le respecter (donc ne pas trop en mettre non plus pour ne pas être déprimée par la quantité de boulot à faire !) et relativiser quand tout n’est pas fait ! Les plannings sont surtout utiles quand les concours approchent. J’avais noté tous les jours libres + les jours de concours et la semaine avant un concours (voire plus longtemps avant).
  • Je ciblais uniquement pour ce concours, histoire de me mettre dans le bain et d’être préparée au concours type – en restant bien sûr flexible et prête à m’adapter s’ils se mettent à se la jouer comme à Bordeaux l’année dernière ! Le plus important, c’est de cibler les exos “typiques” du concours que tu vas passer, tu refais les annales, toutes celles que tu peux trouver : il y en a sur QCM plus, tu peux acheter celles des écoles, il y en a sur des blogs sur internet, etc. Bref, vous voyez le genre !

Pour ce qui est de mon travail dans les différentes matières.

  • LA CULTURE  G d’abord, je n’avais pas l’impression d’en avoir beaucoup d’avance, mais pour être tout à fait honnête, je crois que j’en avais quand même pas mal. Et, surtout, ce n’est pas en fait une question de tout savoir, mais d’être capable de déduire des choses, c’est très important je pense : avec tout ce que tu connais, tu déduis qu’il est impossible que telle réponse soit bonne, alors que celle-là est probable. Ce n’est pas apprendre bêtement, c’est réfléchir à partir de ce que tu sais. Et pour ce qui est de bosser la culture G, j’ai fait pas mal de fiches avant Noël que je n’ai finalement jamais relues car il est inutile de se mettre plein d’informations dans la tête, alors qu’elles vont de toute façon s’embrouiller. J’avais quelques fiches (peintures célèbres, prix en cinéma,..) que je relisais très rapidement avant un concours où il y avait de la culture G, mais rien de fou fou. Ce qui peut être pas mal pour la culture G, c’est d’aller aux soirées culture G organisées dans les différentes écoles, en plus c’est le moyen de rencontrer des étudiants, ce qui est toujours super motivant (il y en avait une super à Strasbourg l’année dernière, il y a des questions qui sont retombées le jour de l’écrit !)
  • En ce qui concerne le VOCABULAIRE, je trouve que c’est THE matière inutile et impossible à réviser. Donc pareil, j’ai fait des listes que j’ai très rarement relues. Par contre, j’ai fait pas mal d’exercices (notamment par le biais des concours blancs de QCM+ et des annales de Bordeaux) qui m’ont permis d’apprendre les termes qui retombent souvent, ce qui est plus ou moins suffisant. L’orthographe lexicale c’est compliqué aussi à réviser, mais c’est important de connaître les grandes règles et quelques exceptions dans le doublement de consonnes, par exemple.
  • L’ORTHOGRAPHE GRAMMATICAL c’est ULTRA important, c’est vraiment le genre de fautes que tout le monde remarque et qui coûte des points. Donc il faut la bosser à fond, avec des textes ou phrases à corriger notamment (moi j’adorais ça donc c’était ma pause).
  • LA GRAMMAIRE, si on arrive à trouver ça rigolo c’est amusant aussi, moi j’aimais bien.

LE CONCOURS DE STRASBOURG

Le concours de Strasbourg était vraiment top, un des plus intelligents que j’aie passés ! Vous aurez un QCM de culture G comme épreuve de pré-admissibilité, ils en prennent la moitié (c’est le point noir du concours à mon sens). Puis, le même jour, il y a, en épreuves d’admission, un texte à corriger (l’année dernière de trois pages, en une heure, avec 6 questions de grammaire en plus, et il fallait classer les fautes par catégories, faut pas traîner !) + un commentaire/dissertation (les deux à faire en 3h, sur un texte donné).

Je m’étais préparée de manière ciblée aux épreuves de Strasbourg environ 2 semaines à l’avance, en préparant en même temps les concours de Nancy et de Besançon qui tombaient tous en une semaine (c’était mon grand marathon nordique). Pour bosser Strasbourg, pas de secret : faire les annales !

  • On a la grande chance de pouvoir récupérer une correction du QCM de culture générale (uuultra appréciable !) donc je faisais les QCM en temps chronométré puis je corrigeais et je me notais (j’avais très peur de cette épreuve !). Pour le texte à corriger, il en va de même, refaire les annales et tous les textes à corriger que l’on peut trouver à droite à gauche (QCM+, Vuibert de textes à corriger, annales bien sûr, etc.).
  • Le commentaire et la dissertation demandaient plus de temps, si bien que j’ai dû en faire 3 au maximum dans le temps réel des 3h avec rédaction et tout et tout. Comme je savais que niveau rédaction je maîtrisais normalement, je cherchais surtout à trouver des plans pour le commentaire et pour la dissertation (en 1h je crois). En bref, je refaisais tous les exercices que je pouvais trouver et qui se rapprochaient du concours de Strasbourg !

Grande partisane des hébergements chez les étudiants les veilles de concours (c’est THE solution miracle : économique et ultra motivante !), j’avais la chance d’avoir un ami à Strasbourg qui m’a hébergée (royalement !) pendant les 5 nuits entre le concours de Nancy et celui de Besançon. J’ai visité Strasbourg, suis sortie, ai profité de la soirée culture G organisée par Métafor, etc. J’ai su pendant ce séjour que c’était Strasbourg le concours que je voulais avoir, comment ne pas tomber amoureuse de la ville ! J’étais donc dans de bonnes conditions pour arriver sereinement au concours (ce qui n’empêche pas de ne pas être sereine !). Une petite demi-heure de marche en musique le long des quais pour arriver jusqu’à la fac de médecine, rien de tel pour se mettre en jambe et se rafraîchir les neurones ! J’étais dans une salle de cours assez petite du bâtiment 3 et j’ai été accueillie à mon arrivée à la fac par Clémentine, la présidente de Métafor de l’époque, qui m’a guidée jusqu’à ma salle, trop de gentillesse ! Puis vient le début des épreuves après l’appel et l’installation.

  • J’ai eu plus de temps à la fin du QCM de culture générale que quand je m’entraînais, ce qui peut surprendre un peu, on ne fonctionne jamais de la même manière en entraînement et au concours. J’en ai profité pour reprendre toutes mes réponses, mobiliser mes connaissances et faire des ponts entre elles pour essayer de trouver des indices et d’éliminer des réponses à quelques questions –mais attention, quand je ne savais pas, ne pas hésiter et changer pour re-changer encore, ça ne sert qu’à s’embrouiller, il faut savoir poser son stylo.
  • J’ai été complètement prise par le temps à l’épreuve d’orthographe : s’il est encore demandé de classer les erreurs cette année, ne pas négliger le temps de classement et de copie de son brouillon au propre ! J’ai bien cru que je ne finirais pas dans les temps, mais ouf, j’ai pu tout recopier et faire les questions de grammaire correctement (sans négliger la présentation) !
  • Enfin, pour ce qui est du commentaire/dissertation, c’est une épreuve que j’affectionnais tout particulièrement, et d’autant plus face au texte que nous avons eu (super intéressant !). Cette épreuve est en général le grand point d’interrogation des candidats : qu’attend-on exactement ? Pas de réponse à la question ! Je peux vous dire ce que j’ai fait : j’ai séparé le commentaire de la dissertation, chaque partie avait une introduction et une conclusion, avec une transition entre les deux. Dans le commentaire, je me suis bornée à analyser le texte : surtout le fond, agrémenté de quelques commentaires de la forme, je crois bien que mon analyse n’était pas linéaire mais que j’avais dégagé deux ou trois axes. Ensuite, dans la discussion, je me suis largement aidée de mon bagage sociologique (j’étais auparavant en Hypokhâgne BL) pour taper sur le dos du système scolaire français et de « l’hypocrisie de la méritocratie française » (je suis bien capable de l’avoir formulé comme ça !). Mais, pour en avoir parlé avec d’autres étudiants, il n’y a pas deux commentaires qui se ressemblaient (certains ont mis des choses très personnelles en faisant des liens avec leurs passions par exemple). Ce qui me fait arriver à la conclusion qu’ils cherchent sûrement surtout à voir qui est le candidat dont ils lisent la copie. Ils cherchent une personnalité, quelqu’un avec une capacité à réfléchir, à se questionner et à faire des liens entre les choses. Quelqu’un qu’ils voudraient voir dans leur salle de cours en face d’eux puis dans le cabinet à côté du leur !

La semaine qui a suivi l’écrit, les résultats d’admissibilité sont tombés, quel soulagement et quelle joie de me voir sur la liste des pré-admissibles ! Pour les résultats d’admissibilité, il faut encore attendre bien longtemps, moins d’une semaine avant les oraux ! A l’oral, tu as :

  • Un entretien avec un psychiatre (c’est une formalité, il ne donne pas de note mais dit simplement si tu es apte ou non).
  • Tu as aussi un oral face à un jury de trois personnes : 30min avant tu vas dans une salle et on te donne 3 textes, tu en choisis un pour en faire le commentaire/ la discussion puis on t’appelle, tu fais le commentaire à l’oral et ensuite tu parles de toi.
  • Il y a enfin un oral de groupe : on est à peu près 8-10 personnes et on nous donne un sujet (liberté d’expression, morale, etc.), on y réfléchit chacun dans son coin pendant 10min puis on doit en débattre ensemble pendant 30min – bien sûr, tu ne dois pas trop prendre la parole mais tu ne dois pas non plus te faire manger. A la fin, tu écris ce que tu as pensé sur une feuille. Le jury ici est composé de 2 sociologues.

Moins d’une semaine avant les oraux, les résultats d’admissibilité tombent : quelle joie d’en être ! Il faut alors vite prendre les billets de train. L’oral tombait le lendemain d’un week-end prolongé donc tous les trains étaient complets le dimanche ! Grande chance encore pour les oraux : ma super amie Adèle (aujourd’hui ma colocataire) était à Strasbourg, prête à m’accueillir et à me déstresser !

La veille, j’ai revu un peu la trame de « discours » que j’avais préparé, fait un ou deux commentaires oraux, mais rien de bien poussé. Les oraux, c’est quelque chose qui se prépare bien à l’avance. Oui oui, 1) ils se préparent et oui oui, 2) bien à l’avance.

  • Il faut arriver devant le jury avec un projet bien clair et établi des raisons qui nous poussent à vouloir être ortho (du moins pour les concours qui s’intéressent à notre personne).
  • Et il ne faut pas avoir appris ce discours la veille, il ne faut pas l’apprendre du tout en fait, mais se le répéter suffisamment pour s’en être imprégné diffusément : il ne s’agit pas du tout de réciter un texte appris, mais de parler de manière spontanée, voire d’être capable de répondre à des questions en casant tout ce qu’on voulait mettre en avant. Alors il ne faut peut-être pas bosser ces oraux dès septembre, mais il faut se questionner très tôt sur ce qui a créé ton envie d’être ortho, sur ce que t’a apporté ton parcours dans ce but, etc. quand tu as un moment. Puis dès janvier, tu commences à rédiger une présentation de toi-même : il faut vraiment le potasser ! La motivation, c’est la chose la plus importante dans un oral (sauf à Paris) et il faut vraiment construire quelque chose de solide.

J’ai eu la chance d’avoir une prof et une ortho qui travaillaient ensemble pour un cours d’oral à la prépa publique de Paul-Valéry à Montpellier qui ont été géniales et m’ont énormément aidée et guidée pour construire un discours qui ait du sens et qui mette vraiment en avant ce que je voulais dire.

Le jour du concours,

  • J’ai commencé avec l’entretien face à une psychiatre : rien de bien méchant, il faut répondre à ses questions naturellement et sans trop s’épancher sur ce qui pourrait les titiller. J’ai aimé avoir cet entretien en premier car c’était une sorte de mise en jambe, on répète quelques éléments de ce qu’on veut dire au jury de l’oral individuel.
  • Puis (après une longue attente) c’est le moment d’aller préparer le commentaire oral. J’ai pris un texte qui me paraissait super intéressant et que j’ai vraiment aimé, mais je me suis embourbée en me concentrant sur une chose qui n’était finalement pas l’essentiel du texte. Quand j’ai soutenu mon commentaire devant le jury, on me l’a fait remarquer et j’avoue avoir pas mal pataugé dans la semoule pour m’extirper de mon interprétation. Très important : il faut savoir rebondir, prendre les critiques, les comprendre très rapidement et changer son interprétation si nécessaire en argumentant en faveur d’une nouvelle. Ce que j’ai essayé de faire. Mais pas de panique, la conversation vous met ensuite dans la lumière : c’est à vous de parler et de raconter pourquoi vous êtes là. Le jury m’a laissé parler sans m’interrompre (pendant bien un quart d’heure je pense), si bien que j’ai pu dire tout ce que j’avais à dire, avec une banane jusqu’aux oreilles. J’ai essayé de dégager toute l’envie que j’avais de faire partie de l’école, et je pense que c’est un point très important.
  • Enfin, l’oral de groupe est arrivé. Mon sujet était : « Le monde est dangereux, non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais surtout à cause de ceux qui regardent et laissent faire. » Je suis partie, dans le temps de réflexion, à fond dans la passivité au niveau global (des États et des sociétés face à de grandes problématiques globales : écologie, crise des migrants, etc.), le tout argumenté avec des faits d’actualité et des références. Je me suis heurtée à un consensus assez général chez les autres candidats qui parlaient surtout de la passivité au niveau individuel (ne pas venir au secours d’une personne agressée, par exemple). Il a alors fallu s’adapter, rebondir sur leurs arguments et amenant de temps en temps le débat vers le terrain global, ce qui n’était pas une mince affaire ! Ce qui est très important dans cette épreuve, je pense, est de voir les autres candidats comme des aides et des gens avec qui on a envie de discuter, pas du tout comme des ennemis : il y avait une très grande politesse autour de la table dans la prise de parole et on essayait d’amener les autres à préciser leur pensée plutôt que de balayer leurs idées.

La journée se termine finalement sous le beau soleil strasbourgeois, calée devant une flamm et un petit épisode de GOT avec ma future coloc. Le lendemain, dans le train, libération ! Les résultats tombent vers 14h et j’apprends que je suis admise en école d’orthophonie, et à Strasbourg en plus ! J’ai appelé tellement de gens que les contrôleurs m’ont entendu et sont venus me féliciter (« Ah oui, c’est pour bien replacer les langues, hein l’orthophonie ? ») !


11. Éléonore, 19 ans : prépa privée

Je suis en première année à l’école d’orthophonie de Strasbourg  après avoir fait un an de prépa à l’IGPEPM à Paris tout de suite après un bac L.

J’ai passé 11 concours au total  en essayant de cibler le plus possible selon mes facilités, j’étais pas très bonne en bio et en tests psychotechniques… j’ai donc évité les concours trop scientifiques. Malgré toute ma motivation et mon travail intense, j’ai commencé par essuyer que des échecs… Après le 1er trimestre j’avais l’impression d’être un peu à la ramasse. Pleine de résolutions j’ai travaillé de plus belle dès le mois de janvier car de toute façon l’année passe à toute vitesse et si je voulais un concours c’était maintenant ! Seulement  les premiers résultats tombent et je n’ai rien mais je me dis qu’il m’en reste encore d’autres…  Je n’avais toujours rien jusqu’à mon 6ème concours … Je déprime à l’annonce des résultats mais je me remotive vite, je me persuadais que j’allais en avoir un !! Au  final j’ai eu  3 admissibilités mais les trois derniers concours que j’ai passés ! ! Et plutôt des concours avec plus de grammaire et du français. Le meilleur conseil à vous donner est de rester motivée et de ne rien lâcher ! C’est très facile à dire et un peu bateau (mais tellement vrai !) et très dur à appliquer quand on travaille beaucoup et que ça ne paye pas! Les concours sont tellement aléatoires, je suis arrivée 135ème à Amiens alors que je pensais que je ne l’aurais jamais et  500ème à Tours alors que j’étais plutôt contente !  A vrai dire on ne sait jamais ! Il faut aussi bien se connaître et garder une bonne hygiène de vie ! J’ai eu la chance de faire la prépa avec une très bonne amie, et on riait beaucoup !! (Peut-être un peu nerveux parfois mais cela permettait d’évacuer la pression, il faut aussi savoir bien se détendre sinon on déprime !) Partez au concours confiants et soyez surs de vous !!! C’est vous les futurs orthos ! Je vous envoie tout mon courage !!


12. Élisabeth, 20 ans : prépa privée

Je m’appelle Élisabeth Bellanger, j’ai 20 ans, et je viens de Bourges (une ville perdue au fin fond du Cher, mais très mignonne). Mon parcours est très simple : j’ai eu un bac S il y a 3 ans, et ai fait 2 ans de prépa avant d’obtenir le concours. J’étais dans une prépa privée à Tours, et j’ai opté pour une méthode de travail complètement basée sur les annales. Pour moi, la réussite d’un concours était fortement liée à l’état d’esprit dans lequel je passais les épreuves, et faire, refaire, et encore refaire des annales me permettait de me sentir à l’aise quand je retournais les sujets (même si certains changent de forme ou de contenu, globalement les épreuves restent les mêmes, ou sont copiée d’épreuves d’autres écoles).

  • J’ai boycotté toutes les sorties qui m’étaient proposées en première année. Je ne sortais pas, je ne voyais plus grand monde, en bref je me suis coupée de la civilisation… Et je bossais tous les soirs jusqu’à 2-3h du matin, sans être efficace pour autant. Grave erreur !!
  • Durant ma deuxième année, j’ai décidé de rectifier le tir en dormant bien, et en me coupant du travail avec de vraies pauses durant lesquelles je sortais, je faisais du sport, je retrouvais des amis, enfin je vivais quoi. Et croyez-moi, quand le moral est là, tout travail est mieux vécu ! Je travaillais bien sûr beaucoup, mais je répartissais mieux mes horaires.

Le top quand on prépare un concours aussi dur est de trouver un équilibre entre le travail effectué et sa vie privée. Cela paraît sûrement évident à la majorité d’entre vous (et tant mieux pour vous, ne bousillez pas une année comme je l’ai fait !), mais pour ceux qui ne dorment pas encore, écoutez ce conseil, et allez vous reposer !

Pour les épreuves de Strasbourg, j’ai surtout travaillé l’épreuve rédactionnelle car c’est ce qui m‘avait bloqué l’accès aux oraux en première année de prépa.

  • Le QCM n’est pas très dur, il faut bien travailler le français et la culture générale.
  • La dictée à corriger est déjà plus compliquée. Là aussi, je recommande de faire beaucoup d’annales, à force de s’exercer on comprend bien mieux ce qu’on attend de nous.
  • Et en ce qui concerne le commentaire de texte, je ne peux que vous conseiller de bien revoir la méthodologie, d’essayer d’en refaire, de trouver des axes de vue pour chaque texte, et de s’entraîner un peu dans les temps (3h c’est long, c’est vrai, mais c’est important d’avoir une idée de la répartition que l’on peut en faire).

Pour passer le concours, j’ai dormi chez une amie ma première année, et suis allée dans un hôtel en hypercentre ma deuxième année. Je n’ai eu aucun souci à trouver le lieu du concours pour les deux années : tout est bien indiqué et desservi, et le concours se passe dans le centre et non pas dans un hangar excentré de tout (on met 15 minutes à pied pour y aller depuis la gare !). Il est donc très facile de trouver un petit restau, une brasserie ou une boulangerie pour déjeuner, il y en a à proximité, dans un cadre fantastique : la petite France !

Conclusion de l’écrit de Strasbourg : venez le passer !! C’est un écrit humain et vraiment accessible à tous. Et la vie en école d’ortho dans cette ville est parfaite. Le jeu en vaut la chandelle, vous ne le regretterez pas !

Les oraux de Strasbourg sont composés de 3 épreuves :

  • Un oral individuel : on vous demande faire un mini-commentaire d’un texte choisi (parmi 3 textes), à partir duquel on vous posera des questions personnelles. Ces textes portent souvent sur des thèmes d’actualité (les réseaux sociaux, le monde de la médecine, le handicap, les médias, le don d’organes, l’euthanasie, etc.). Pour cette épreuve, je vous conseille juste de bien vous tenir informés sur l’actu. Les questions perso sont les mêmes que dans la majorité des autres oraux, on cherche à vous connaître, à vous cerner un peu. J’avais pour ma part choisi un texte sur le don d’organes car je maîtrisais assez bien le sujet. Le reste de l’entretien a été basé sur des questions sur mon parcours, mais pas bcp sur l’orthophonie.
  • Un oral de groupe assez compliqué à anticiper : on ne sait pas sur quel sujet on va tomber, ni avec quelles personnes. Le but est de voir votre capacité à travailler en groupe, alors n’hésitez pas à prendre la parole, à la laisser, à la donner, à être d’accord sur tel point, et moins d’accord sur d’autres. En somme, soyez vraiment vous-même et n’ayez pas peur d’affirmer vos arguments, tout en respectant ceux des autres.
    J’étais tombée sur un sujet sur les réseaux sociaux : ‘’l’actualité se résumera-t-elle bientôt à l’actu que l’on trouve sur Facebook ?” (nul hein ?)
  • Un entretien avec un psy : alors pour cet entretien, aucun stress ! Il n’est pas noté. Le psy met juste un avis favorable ou défavorable (s’il détecte un quelconque problème psy). C’est souvent un entretien très agréable où les psy s’arrangent pour nous mettre à l’aise. Cet entretien s’était très bien passé pour moi, on m’a demandé quel était mon rapport au handicap, à la mort, on me demandait de parler de ma famille et de mon parcours…

Pour me rendre à cet oral, j’ai demandé à être hébergée chez des personnes de l’école d’ortho. J’ai pu rencontrer des filles de 1A, 2A et 3A, ce qui donne vraiment une motivation supplémentaire. Grâce à elles j’en savais bien plus sur le fonctionnement de l’école, sur l’association étudiante (Métafor), enfin sur la vie d’une étudiante en ortho en général.

J’ai préparé les oraux avec ma prépa. On s’entrainait à plusieurs, ce qui permettait de nous entre-corriger, de prendre exemple sur certains comportements, de donner et recevoir des conseils… et aussi de se rassurer mutuellement ! (très important).

Cet oral est globalement très humain aussi, alors allez-y sereins !


13. Tiphaine, 19 ans : prépa privée

[Pour les habitués du blog Orthoflonie, vous aurez un sentiment de déjà-vu, Tiphaine y avait publié son témoignage !]

Avant de préparer les concours, j’ai eu mon bac ES, et dès l’obtention de celui-ci, j’ai intégré une classe préparatoire à Amiens.

PARCOURS 

  • Première année : classe prépa

Je m’attendais à quelque chose de bien plus intensif à vrai dire… Avec du recul, j’ai compris que cette prépa n’était pas sérieuse. Ce qui m’a sauvée, c’est que je travaillais un peu par moi-même en parallèle. Mais c’était très léger en comparaison avec la deuxième année ! Je n’ai passé que 7 concours, sans trop de stress et sûrement aussi sans trop de conviction. Je sortais un peu, je crois que je ne me rendais pas compte encore de la difficulté du concours. Le concours qui a le plus retenu mon attention a été Strasbourg, puisque j’ai failli accéder à l’oral alors que j’avais une base de révisions très mince. Mais lorsqu’un concours nous correspond vraiment, je pense que ça vaut le coup de se concentrer davantage dessus ! J’aimais déjà Caen, et j’ai donc fait très attention aux erreurs que j’avais pu faire, puisque dans ces villes, on récupère nos copies le jour du concours, et je trouve ça trèèèès utile pour l’année d’après !

  • L’été : grande pause.

J’étais pourtant fatiguée et toujours aussi motivée, mais mieux vaut se reposer et revenir en force à la rentrée, que déprimer tout l’été et être déjà HS pour le retour en prépa, qui déjà n’est pas le moment le plus gai de l’année !
Dans le concours d’ortho, la fatigue joue énormément. J’ai vu des amies surmotivées et surentraînées échouer, parce qu’elles n’avaient pas conscience de leur état de fatigue. C’est d’ailleurs ce qui m’est arrivé la deuxième année vers les mois de décembre, janvier, février …

  • Deuxième année : autre classe prépa

Deuxième année donc, plus motivée que jamais, surtout que j’arrive dans une très bonne Prépa à Nantes, je quitte mes parents pour la première fois, et cela me permet aussi de mieux gérer mon temps et mes révisions au quotidien, car les horaires sont les miens. L’amie qui faisait partie de ma première prépa m’accompagne. Quand surprise : elle est rappelée à Lille ! Je reste donc un peu plus seule, mais ravie pour elle ! Et cette Prépa est extraordinaire, les professeurs sont passionnés, nous encourageant sans nous casser ; la cohésion est extraordinaire, bref, on travaille 4 fois plus, mais on est aussi 5 fois plus motivées et soutenues ! J’étais par ailleurs dans une Prépa doublante, et j’avoue d’ailleurs avoir eu un peu d’appréhension, car ces filles avaient déjà une année de bonne Prépa derrière elle, là où moi, j’avais l’impression d’arriver sans aucune connaissance solide.

J’ai pas mal travaillé en groupe mais j’ai davantage travaillé seule. C’est l’alternance des deux méthodes qui a fonctionné le mieux pour moi. Changer de support, travailler de façon ludique, oser tester de nouvelles méthodes, c’est ce qui est important. Et surtout le faire à sa manière ! Ne pas se calquer sur les méthodes de travail de ceux qui semblent réussir parce que s’ils réussissent, c’est sûrement parce qu’ils ont eux-mêmes testé ce qui fonctionnait le mieux de leur côté. C’est très personnel tout ça…

MÉTHODES DE TRAVAIL

Je n’ai pas vraiment eu de rythme, je me levais très tôt en général (4h30 parfois…) pour avoir l’impression d’avoir déjà bossé en arrivant à la Prépa. Et le soir je m’accordais donc une pause d’une voire trois heures (oui oui !) puis je retravaillais une heure et j’allais dormir, parfois à 22h, parfois à minuit lorsque je me levais plus tard…

Pendant la pause, tout est permis. Ne pas croire que lire est la seule pause possible et productive, si cela ne vous détend pas. Je suis même sortie en boîte 4 ou 5 fois dans l’année, au resto ou au ciné très régulièrement, en dehors des vacances ! L’important n’est pas de travailler comme une acharnée mais de travailler efficacement, en effectuant un réel effort de mémorisation. J’ai eu un très bon groupe d’amies et cela m’a énormément aidée aussi… et le sport à ne pas négliger!

Concernant ce que je révisais je ne ciblais pas vraiment de concours, je pense qu’il faut éviter cela, sauf si vraiment des exercices se croisent dans plusieurs villes ou si notre préférence pour une ville est très nette. Au final j’ai eu Caen et Strasbourg après avoir passé 11 concours. J’aurais pu aller à l’oral de Toulouse mais je n’y suis pas retournée, car j’avais déjà la réponse définitive de Strasbourg, qui m’intéressait plus !

CONSEILS POUR L’ORAL

Pour Strasbourg, soyez vous-même, détendus, ne tentez pas à tout prix d’impressionner. Le jury est relativement bienveillant et recherche l’authenticité plus que la performance… D’ailleurs, j’en suis ressortie démoralisée, persuadée que Toulouse était la dernière chance avant de tripler, et finalement j’ai été 7ème ! J’ai également eu Caen que je pensais avoir totalement raté (je n’avais même pas terminé une des deux épreuves écrites et j’avais chanté (je pense) relativement faux à l’oral… Mais ce sont deux jurys bienveillants (en général !).

UN MOT POUR LES FUTURS CANDIDATS

On pense que le concours est un Graal, mais si on est motivé réellement, il arrive plus vite que prévu, et on comprend bien vite que ce n’est que le commencement ! Donc du travail certes, mais surtout de l’entraide, de la détente, de l’authenticité et beaucoup de patience ! Ça paye !


14. Lyssia, 38 ans : préparation seule

  • J’ai 38 ans, je suis maman de deux enfants de 4 et 8 ans, je suis en reconversion professionnelle et je suis en 1ère année à l’école d’orthophonie de Strasbourg !
  • J’ai passé 5 concours il y a deux ans et 8 concours l’année dernière. Strasbourg est le seul concours pour lequel j’ai réussi l’écrit et passé un oral. Pour les personnes en reconversion professionnelle je recommande vivement de tenter le concours de Strasbourg. L’école est en effet très ouverte à nos profils contrairement à d’autres écoles.
  • J’ai passé un bac littéraire et j’ai une maîtrise en arts du spectacle. J’ai ensuite travaillé dans le domaine culturel pendant dix ans.

LA PREMIÈRE ANNÉE, je me suis préparée avec les cours par correspondance du CNED. C’est très bien pour une remise à niveau mais cela ne suffit pas : c’est trop éloigné de la réalité des concours.

LA SECONDE ANNÉE, je me suis préparée avec deux formations en ligne.

  • La première, e-orthophonie, permet de passer des épreuves qui ressemblent à celles des concours. Cela permet de voir où sont nos points faibles et ce qu’il faut travailler plus particulièrement. Cela permet aussi d’être confronté aux différentes épreuves proposées selon les villes et de mieux cibler ce qui nous correspond. En effet, les villes ont leurs épreuves spécifiques, et il est très utile de se demander ce qui nous correspond le mieux. Avec e-orthophonie, il y a des concours blancs toutes les semaines (à faire entre le jeudi et le dimanche midi) et cela permet une régularité de travail. On a aussi accès à des annales.
  • La deuxième préparation qui m’a été utile est QCM+. Ce site permet de se préparer plus spécifiquement pour les épreuves d’orthographe, de grammaire et de vocabulaire. Mais il y a aussi la possibilité de travailler les tests psychotechniques et la culture générale. Ce qui est vraiment le +, c’est de pouvoir envoyer des devoirs type résumé ou commentaire de texte. La personne qui s’occupe des corrections est très réactive et ses notes explicatives permettent de progresser. Ce site a un très bon rapport qualité/prix comparé à d’autres.

J’ai complété ma préparation avec des livres. Ceux-ci sont ceux qui m’ont le plus aidé :

  • Le Petit Grevisse : Grammaire française de Maurice Grevisse et Marc Lits
  • Grammaire française de Nathalie Baccus (Librio)
  • Orthographe française de Nathalie Baccus (Librio)
  • Tout le Vocabulaire aux Concours Orthophonie de Noémie Suisse (ellipses)
  • Les dictées de Bernard Pivot (Poche)
  • L’orthographe rectifiée – le guide pour tout comprendre (Librio)
  • Culture Générale au Concours Ortho Préparer et Réussir les QCM de Michel Callamand (ellipses)
  • Je vais vous apprendre à être admis en orthophonie de Floriane Olivier. Ce dernier livre permet d’avoir une vision d’ensemble sur les concours et de trouver une méthode, ce qui n’est vraiment pas évident quand on est tout seul face à un tel volume de choses à travailler. Attention cependant à ne pas multiplier les livres : il vaut mieux se contenter de quelques-uns et les travailler à fond.

Enfin, j’ai essayé dans la mesure du possible de faire beaucoup d’annales pour ne pas être surprise le jour J et pour pouvoir détecter et travailler mes difficultés.

Enfin je conseillerais de ne pas rester le nez dans les livres. Si vous pouvez trouver un binôme pour travailler et pour parler de vos angoisses cela peut vraiment être bénéfique. Il faut aussi s’aérer, se faire plaisir, se cultiver. C’est peut-être cela qui fera la différence le jour de votre oral !

C’est un long parcours du combattant mais votre travail est votre meilleure arme. Ne baissez pas les bras, faites-vous confiance. Il ne faut vraiment rien lâcher et fournir un travail régulier et bien ciblé. Dites-vous que tou-te-s les étudiant-e-s en école d’orthophonie sont passés par là : c’est donc possible d’y arriver !

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