Promo 2015 – 2020 (2A)

L’an dernier, la promo 2015 – 2020 a pris l’initiative de récolter les témoignages d’étudiants de 1ère année concernant les concours.

Comme on n’a jamais assez de témoignages, on vous les offre dans cette rubrique !

Et pour vous faciliter le boulot, les titres de chaque témoignage indiquent le type de profil de chaque étudiant :

  1. L’option prépa
  2. L’option fac + prépa
  3. La reconversion professionnelle

Ne vous sentez pas obligés de TOUS les lire !


1 . L’option prépa

Emma (1A)

Le concours d’orthophonie à Strasbourg

J’ai fait une année de prépa, et passé 5 concours (Strasbourg, Nancy, Paris, Lyon et Nice).  Avant de commencer la prépa, j’étais dans l’optique de ne passer que le concours de Strasbourg (étant une strasbourgeoise pure souche), de ne me concentrer que sur un seul type d’épreuve… Finalement, au cours de l’année et de mes révisions j’ai pu réaliser que les préparations aux autres concours étaient hyper bénéfiques pour les épreuves de Strasbourg (notamment l’orthographe/grammaire de Paris pour la dictée et la culture G de Lyon qui ressemble fortement aux questions que l’on peut rencontrer à Strasbourg).

Pour autant, l’épreuve du commentaire est vraiment particulière à cette ville, et le seul conseil que je pourrais donner pour cette épreuve est :

  • de se concentrer sur les annales de Strasbourg (que vous pouvez commander à l’amicale de Métafor), c’est le seul moyen que vous avez de vous immerger vraiment dans leur optique, et essayer de comprendre leur attentes…
  • de se faire corriger, dans l’idéal, pas forcément par un professeur de français ou de philo, mais par un professeur qui aurait soit une vision plus globale soit qui soit un peu au courant de « l’esprit du concours de Strasbourg ».

La difficulté de cette épreuve est que, en réalité, personne ne saurait vraiment dire ce qu’ils attendent… C’est un espèce de mélange philo/littérature/culture G… L’essentiel est vraiment de monter que vous entamez une réflexion à partir du texte et que vous êtes en mesure de comprendre l’enjeu qu’il propose…

Enfin, avant d’arriver au commentaire il y a ce fameux QCM… Tellement aléatoire, sujet à 1001 légendes… Certains vous affirmeront qu’on ne peut pas « réviser » la culture générale, qu’il suffit de lire des journaux, d’autres vont diront qu’il faut apprendre le dictionnaire par cœur…  Personnellement je pense qu’il y’a une méthode qui peut vous permettre de mettre le plus de chance de votre côté et elle consiste à nouveau à se concentrer sur les annales.

ATTENTION: je ne dis pas qu’il suffit de connaître toutes les questions des 10 dernières années… Pas du tout.  Il s’agit d’étudier méthodiquement chaque question de chaque QCM. Par exemple (ça sera peut être plus clair :p): une question pourrait être:

Quelles sont les œuvres qui ne sont pas de Victor Hugo ?

  1. A) Le Lys dans la vallée
  2. B) L’art d’être grand-père
  3. C) Les châtiments
  4. D) La Bête humaine 
  5. E) Le Dernier Jour d’un condamné 

Vous remarquez que la A) est une œuvre de Balzac tandis que la D) est de Zola…

Cette question vous fait réaliser qu’il faut connaître, ou au moins être capable de discriminer parmi une liste les œuvres des grands auteurs du 19e siècle… => C’est là que votre travail commence… Il ne se réduit pas à la production de Zola, Hugo ou Balzac, nan, il concerne tous les auteurs de cette période… Ça va vous paraître énorme comme travail mais en réalité, vous en connaissez déjà surement la moitié, de près ou de loin, et vous ferez facilement les recoupements avec un peu d’entraînement… Tout ça pour vous dire que chaque question vous indique:

  • le degré de précision de l’attente des questions
  • le champ à investir dans vos révisons…

C’est un travail fastidieux mais vous n’êtes pas obligés de le faire systématiquement pour chaque question, chaque thématique (on rappellera que dans l’extrême mansuétude des concepteurs du QCM, il suffit d’avoir la moyenne pour passer à la classification suivante!), mais d’avoir au moins pris connaissance de « tout ce qui peut tomber » est d’avoir regardé les grandes lignes, sera déjà une énorme avance…  Concentrez-vous aussi sur l’actualité, et les personnages importants (David Bowie pour le coup, faut pas louper un album!!)

Enfin pour l’épreuve de la dictée, encore et encore il n’y a pour moi qu’une seule solution: les annales, qui sont le meilleur moyen de vous familiariser avec les pièges (qui, pour le coup sont TOUT LE TEMPS les mêmes, prévisibles complètement!), et si vous en avez marre ou que vous connaissez toutes les dictées par coeur, « Les Dicos d’or » de Bernard Pivot sont autant formateurs et en général accompagnés d’une correction détaillée qui vous en apprend sur l’orthographe mais vous tartine encore un peu de culture G au passage…

Voilà c’était pour les épreuves écrites…

Je ne vous dirais pas de ne pas stresser, parce que on ne peut pas échapper à la pression de se retrouver avec 1500 personnes, qui sont la pour exactement la même chose que vous, et on ne peut pas s’empêcher de se demander, à combien ils sont prêts et si on a une toute petite chance de passer les sélections…  C’est un stress fort, mais qui nous pousse à mobiliser toutes nos ressources et à donner le maximum de nos performances, il n’y a vraiment rien de tel 🙂

En ce qui concerne les épreuves orales, vous trouverez sur le site de Métafor, toutes les infos techniques qui détaillent bien comment se déroulent les épreuves… Comment les préparer ? Cette fois-ci il n’y a pas d’annales, à proprement parler… Il faut se dire qu’en sortant de chaque pièce, vous ayez réussi à montrer la meilleure part de vous-même, celle dont vous êtes fièr(e)s, celle qui vous distingue dans votre singularité et fait cette personne qui est venu présenter ce concours…

Les épreuves en soi, n’ont rien de sorcier, comparé à la difficulté des épreuves écrites qui exigent technique et travail… Il n’y a rien à préparer, il s’agit plus d’une performance sur place, qui dépendra aussi du texte, du jury et du groupe sur lequel vous tomberez, qui vous mettra plus ou moins en valeur… La difficulté résidera dans la capacité à trouver les ressources pour vous mettre en valeur quelle que soit la situation qui se présente à vous !

Je crois que j’ai tout dit, en tout cas tout ce que j’ai pu élaborer depuis ce fameux concours qui coûte, en investissement psychologique, en temps, en effort… Mais au bout du compte, on est tellement heureux d’avoir donné tout ça pour en arriver là !

Je souhaite à chacune et à chacun d’éprouver le même bonheur, de ne jamais décourager et de toujours persévérer dans cette voie, si c’est ce que vous voulez vraiment, peu importe le temps que cela puisse prendre (si il vous faut 3 essais, ou 1), l’important c’est de garder la motivation et vos objectifs en tête 🙂

Je vous souhaite plein de courage pour cette deuxième partie de l’année (pas encore décisive mais surement pas des moindres !! Plein de bisous et au 5 avril !!

==> Suivez les pulls <==


Mélissa (1A)

Bonjour à toi, futur(e) collègue au pays de l’orthophonie !

En cette période de stress, ô combien intense, de concours, autrement appelé “marathon”, je vais essayer en quelques lignes de te rassurer ! Tout d’abord, voici ma petite expérience : j’ai fait un bac ES et je me suis directement lancée dans l’aventure orthophonie. J’ai tenté un premier concours en terminale à Poitiers (car je suis originaire du Poitou-Charentes) histoire de prendre la température (un peu froide quand on est classée 1045ème haha!).

J’ai choisi la prépa IRSS à Nantes et pour tout te dire, cette année a été à la fois la pire de ma vie et en même temps la meilleure. J’avais vraiment très peur pour diverses raisons: le coût de la préparation et des concours, peur de devoir renoncer à ma vocation, de ne pas être à la hauteur, de décevoir et de dire Adieu à toute vie sociale, peur des sciences pour lesquelles un singe aurait mieux percuté que moi. Donc sache que si tu es traversé par toutes ces inquiétudes et bien d’autres encore, tu n’es pas seul(e) ! Chaque vendredi, nous étions classés dans ma prépa, et malgré mon travail acharné, je restais dans les 100ème sur 170. Peu d’évolution, je stagnais beaucoup donc difficile de ne pas céder au désespoir. Cependant, je n’ai jamais baissé les bras: j’ai eu des doutes mais je n’ai jamais pensé à abandonner. Je crois, avec du recul, que ma passion pour ce métier a été plus qu’un véritable moteur tout au long de l’année.

J’ai choisi de passer 11 concours: Besançon, Lyon, Amiens, Nantes, Paris, Bordeaux, Tours, Montpellier, Poitiers, Lille, Strasbourg, Rouen. Je les ai choisi, et pour leur contenu que je voulais le moins possible scientifique, et certains pour la proximité (comme Poitiers). J’ai eu la chance d’avoir dès le deuxième résultat une admissibilité à Paris. Même si j’ai mis beaucoup de temps à réaliser, cela m’a aidé à prendre confiance en moi et à me battre de plus belle pour le reste des concours. Ensuite, les échecs se sont enchaînés les uns après les autres jusqu’au DERNIER. L’oral de Paris également, a été une véritable catastrophe pour moi. Dans un laps de temps très court j’ai appris que j’étais refusée à Paris et que j’allais à l’oral de Strasbourg. Bref, que d’émotions! Le concours de Strasbourg va très vite, et tu n’as que quelques jours entre l’annonce de l’admissibilité et l’oral. (Un peu d’aventure enfin, sinon c’est pas drôle !) En tout cas, j’ai passé un réel bon moment durant cet oral (si si !): ce sont des entretiens très humains où on peut ENFIN montrer qui on est et pourquoi on est là. J’ai eu un jury froid au premier abord mais très réceptif malgré mes bourdes (j’ai dit au revoir à l’une des personnes de mon jury au lieu de dire bonjour, j’ai dit que le métier de médecin ne m’intéressait pas car trop peu de suivi alors qu’un médecin était dans la salle, bref!! so funny !). Suite à l’oral de Paris uniquement technique, je me suis dit “ca y’est, je peux enfin m’exprimer !”

D’un point de vue méthode: j’aimerais pouvoir te donner une recette magique mais nous le savons bien cela n’existe pas. Le tout est d’avoir une réelle motivation pour ce métier et de ne jamais oublier pourquoi on travaille. On a tendance, une fois noyés sous les révisions, à perdre de vue l’objectif. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à coller des petits mots sur son mur disant, par exemple “je vais être une super orthophoniste” etc. Un mot d’ordre: l’organisation. Je me faisais de temps un temps un petit planning pour la semaine, et je prenais un malin plaisir à rayer ce que j’avais fait. Comme ça, on voit où on va et ce que l’on a fait concrètement. Il faut surtout ne pas établir un planning irréalisable, ce qui est plus décourageant qu’autre chose. Ce qui m’a beaucoup aidé également, c’était de coller partout dans mon appartement des affiches du genre mots en “r” / mots en “rr”. Cela ne convient pas à certaines personnes qui souhaitent déconnecter en étant dans leur environnement personnel mais cela m’a été très bénéfique (bon ok, pour la déco, on repassera!). Sinon, j’ai fait la bêtise d’arrêter la danse que je pratiquais depuis looongtemps, et cela m’a énormément manqué donc si tu as une passion (non compétitive de préférence), surtout n’y renonce pas, elle pourra être ta force!! Bon et puis bien sûr, fais toi PLAISIR… t’en peux plus? Descends toi un paquet de gâteaux ou va rejoindre tes meilleurs potes pour boire un verre. Tu n’en seras que plus productif après. Dernier petit conseil, il est difficile de garder le moral et de réussir à voir les choses positivement. Je cherchais donc chaque soir à trouver mes ” trois petits bonheurs ” de la journée (avoir entendu ta chanson préférée, être resté 20min au soleil, BREF, peu importe tant que c’est quelque chose qui t’a rendu heureux(se) pendant un instant), et tu verras qu’en cherchant bien, on se rend compte que finalement ce n’est pas si terrible que ça et qu’il y a un peu de bonheur partout!!!

Allez jeune padawan, je te souhaite tout le courage du monde et te dis A L’ANNEE PROCHAINE EN ECOLE D’ORTHO!!!


Juliette (1A)

Comment résumer cette année de concours en seulement quelques lignes… Bon déjà si tu lis mon témoignage c’est que tu passes ces maudits concours, alors tout d’abord bravo, parce qu’il faut da la patience et de l’ambition pour s’aventurer dans ce concours… tu vois tu as déjà des qualités pour ton futur métier (parce que oui oui tu vas y arriver et tu vas devenir orthophoniste).

Je vais essayer de te raconter un peu mon parcours, qui je pense correspond à beaucoup de personnes… Après mon bac ES, j’ai décidé de m’orienter directement vers l’orthophonie, je savais ce que je voulais faire. J’ai décidé de m’inscrire à une préparation à Paris, notamment pour avoir un cadre et savoir réellement quoi travailler, ce qui est important, ce qui ne l’est pas. J’ai donc suivi la préparation Médisup – paramédical. C’était très dur au début, quand j’ai vu les pourcentages de réussite, et le travail… honnêtement je m’étais préparée, mais peut-être pas assez, donc les premières semaines ont été assez raides… mais au final, je me suis accrochée. J’ai eu bien sûr des gros moments de déprime, et c’est pour ça que je pense que se retrouver avec des personnes qui passent le concours comme toi (par exemple par le biais de la préparation) c’est vraiment très important. Ça te permet de te sentir moins seul, et d’avoir un soutien dans les moments difficiles. Personnellement, mes amies de la prépa et ma famille m’ont vraiment aidé à surmonter cette année. Mais le soutien peut venir de n’importe qui, il faut seulement que tu te sentes entouré(e). Je pense que c’est important.

J’ai décidé de mettre toutes les chances de mon côté et de passer 13 concours. J’ai tout donné pendant cette année et je ne voulais vraiment pas recommencer l’année d’après, alors j’ai décidé de faire un vrai marathon. Bonne idée ou pas… j’aurais peut-être dû un peu plus cibler les concours. C’est bien d’en passer beaucoup, cependant, c’est très fatigant, alors je pense qu’il faut trouver un juste milieu… A toi de voir, en fonction de tes capacités, de tes moyens etc… Une technique n’est pas meilleure qu’une autre !

Les concours que j’ai passés sont donc : Paris, Lille, Tours, Nancy, Strasbourg, Amiens, Besançon, Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Lyon et enfin Rouen.

Et j’ai été admissible à Tours, Nancy, Lyon et Strasbourg.

A ce moment du témoignage, je voudrais te dire que si tu rates le concours de la ville que tu veux, il ne faut vraiment pas te décourager et abandonner. Lorsque j’ai su que ça ne marchait pas pour moi à Paris, j’ai déprimé, j’ai voulu arrêter (sous l’effet de la déception). Mais aujourd’hui, je me retrouve dans une super ville, avec une ambiance super sympa, et si j’avais arrêté, je n’aurais même pas passé le concours de Strasbourg. Ce que je veux te dire par là, c’est qu’il faut tout donner, continuer à aller aux concours, continuer à garder le sourire et l’envie de réussir et se dire « on verra bien aux résultats finaux, pour le moment on donne tout quoi qu’il arrive ». C’est difficile de voir les choses clairement dans une année remplie de stress et de pression. Parfois on a envie de tout lâcher, mais il faut toujours garder à l’esprit qu’il y a une petite lumière au bout du tunnel (si si, vraiment).

Sur les quatre oraux que j’ai passés, celui de Strasbourg était sans doute le plus humain, même si l’épreuve de l’oral de groupe ne m’a pas vraiment emballée. Lors de l’entretien de motivation, tu peux t’exprimer à partir d’un texte, dire ce que tu penses, puis le jury enchaîne sur des questions qui te concernent. Tu as généralement le temps de t’exprimer et de montrer qui tu es vraiment. En tout cas, c’est l’oral que j’ai le plus apprécié au niveau de l’ambiance, notamment avec l’accueil des premières années. J’espère pouvoir t’accueillir avec autant de chaleur cette année. En tout cas ça m’a vraiment rassuré. Autre chose de très positif, même ce n’est pas toujours très pratique, ils vont vite à Strasbourg et ne te laissent pas attendre les résultats pendant des mois comme d’autres écoles. Ça va très vite, en même pas un mois j’ai su que j’allais faire ce que je veux, devenir orthophoniste. Ça peut être stressant, mais je te promets qu’après une année d’attente, tu as envie d’en finir et de savoir, d’être fixé.

Dans tous les cas, je te souhaite du courage, continue comme tu fais, parce que tu te bats vraiment pour un super métier ! Et on t’attend à Strasbourg cette année pour te soutenir et te rassurer ! Merde pour les concours à venir !


2) L’option fac + préparation du concours

Sarah F. (1A)

Bonjour chers candidats !

Pour celles et ceux que ça intéresse, voici un résumé de mon parcours dans la préparation du concours d’orthophonie, quelques conseils pratiques, liens utiles, ma méthode de travail durant ces 2 années, et enfin mon impression par ville sur les concours que j’ai passés. C’est un peu long, vous n’êtes pas obligés de tout lire !

MON PARCOURS

Je m’appelle Sarah et j’ai 20 ans, j’ai décidé de tenter les concours après mon bac ES, en optant pour une prépa d’un an à Besançon, qui m’a permis d’acquérir une méthode des épreuves de concours, et m’a bien entraînée à l’oral notamment. Cependant il m’a fallu un an pour comprendre comment travailler les concours. Mon travail était insuffisant en quantité et en efficacité, je n’ai donc pas été surprise de devoir préparer le concours une année de plus. De plus, j’avais encore des doutes sur mon choix pour l’orthophonie (on n’est pas tous déterminés à 100 % dès la sortie du bac !). Cette 1ère année m’a donc permis de faire mûrir mon projet.

Pour remédier à cette incertitude, j’ai décidé l’été suivant de tester mes compétences sur le terrain en travaillant comme animatrice-accompagnatrice dans des séjours de vacances adaptées pour adultes en situation de handicap. J’ai adoré ce job, qui a conforté mon choix pour l’ortho. J’y ai testé quelques compétences communes avec ce métier (patience, travail en équipe, empathie…). Forte de cette expérience, j’ai abordé plus sereinement les oraux l’année suivante. Avoir vécu au moins une expérience concrète peut être un atout (avec des enfants, des personnes âgées, dans le cadre d’expériences associatives…), mais pas de panique, ça n’est pas indispensable ! Je vous raconte cela pour vous montrer qu’un des ingrédients indispensables pour affronter et réussir le concours est la MOTIVATION. Vous avez surement déjà entendu ça des dizaines de fois, mais j’insiste car c’est nécessaire pour aborder non seulement le concours, mais aussi les études par la suite.

L’année suivante, je ne me suis pas réinscrite en prépa pour plusieurs raisons : d’abord financières, mais aussi car je préférais travailler les concours de façon plus ciblée, adaptée aux villes que je voulais passer (ce que la prépa ne permet pas toujours car elle reste souvent assez globale). J’ai donc opté pour une L1 de sciences du langage, en lien avec des notions d’ortho : histoire de la langue, langage et communication chez l’enfant et linguistique, matière étudiée en école d’ortho. Cette filière ne m’a pas demandé beaucoup d’investissement et j’ai donc pu me concentrer sur les 7 concours que je passais, tout en validant ma L1.

MA METHODE DE TRAVAIL 

1.S’ORGANISER DES LE DEBUT DE L’ANNEE

Pour gagner du temps il faut être méthodique. Il y a à peu près 2 grandes façons de travailler ces concours :

  • SOIT PASSER LE MAXIMUM DE CONCOURS POSSIBLE : en optant pour cette solution, on peut travailler toute l’année en alternant français, culture générale, épreuves rédactionnelles, tests psycho…
  • SOIT LIMITER LE NOMBRE DE CONCOURS QUE L’ON PASSE : C’était mon cas (4 concours passés la 1ère année et 7 la 2ème). Dans ce cas, il faut sélectionner avec soin les concours que l’on passe car les épreuves sont très variables selon les villes (voir annales et sites des écoles d’ortho) : certaines préfèrent les épreuves rapides et les autres laissent le temps de la réflexion ; il y a parfois des tests psycho/maths/biologie, et parfois non… Sélectionnez donc vos concours en fonction de vos propres atouts/préférences (et un peu selon la localisation des villes et du feeling, forcément !). Passer peu de concours permet de travailler chacun de façon spécifique et approfondie (thèmes de culture gé récurrents, épreuve rédactionnelles particulières, tests psycho), ce qui s’est avéré très efficace pour moi. En plus, on passe moins de temps à se rendre dans les villes, à stresser pour les épreuves…

On peut également travailler les concours les uns après les autres. Dès qu’un concours est passé, on bosse le suivant avec ses épreuves spécifiques (synthèse de docs à Nice, bio à Poitiers, culture gé régionale à Besançon…).

2. AVANT DE FONCER TÊTE BAISSÉE DANS LES REVISIONS : ETUDIER LES ANNALES

Bien observer et comparer les annales des dernières années avant d’entamer le boulot permet de dégager les épreuves/thèmes qui tombent le plus souvent, et de prioriser ses révisions. Par exemple, les domaines de culture générale diffèrent selon les villes (musique, politique, peinture, connaissances sur la ville ou la région en question…). Pour se concentrer sur les domaines qui semblent être les plus importants, il faut aussi savoir éradiquer de ses révisions certains thèmes chronophages, en restant évidemment curieux et attentif à la moindre info. Pour enrichir sa culture générale, tout est bon à prendre ! En prépa, on perdait du temps à bosser sur des thèmes quasi inexistants dans les concours (le sport par exemple). L’année suivante, j’ai choisi de faire l’impasse sur l’histoire en culture générale (pour donner un exemple de thème infini à réviser) pour consacrer plus de temps à des incontournables : les épreuves de langue. Faire des impasses parait être une mauvaise idée, c’est à vous de décider comment vous souhaitez travailler car chacun a sa méthode de travail, mais ayez à l’esprit que personne ne pourra jamais tout savoir.

3.LES INCONTOURNABES DANS TOUTES LES VILLES (sans exception)

  • Grammaire, vocabulaire : ce sont toujours les mêmes pièges qui reviennent. On se sent souvent largué au début et noyé dans les exceptions du français, mais on progresse vite et ça porte ses fruits !
  • Orthographe : la seule chose que je n’aimais pas (surtout les doubles consonnes), mais il faut s’y coller.
  • Conjugaison : apprendre le bescherelle n’est pas si long. Perso, je notais les verbes que je ne maîtrisais pas dans un coin et je les récitais avant les concours.
  • Culture générale « sciences du langage » : ce thème revient de temps en temps (cf annales) : les cartilages du larynx, ce que peut faire ou non un(e) orthophoniste…

Je pense également qu’il est efficace de travailler les domaines dans lesquels on est déjà à l’aise (tests psy quand il y en a, français…) : sur ça au moins, on est sûr de gagner des points !

4. QUELQUES REVISIONS DE DERNIERE MINUTE

On dit souvent de se reposer la veille du concours car il est trop tard pour travailler. Ok, mais pour moi les révisions de dernière minutes ont toujours été fructueuses. Sans travailler comme un acharné la veille, on peut relire tranquillement les incontournables. Selon moi : les exceptions de la langue, la conjugaison des verbes difficiles, et pourquoi pas quelques points de culture gé qui tombent souvent dans la ville en question.

5. PENDANT LES CONCOURS : CONSEILS BASIQUES

  • ECRITS : pour les QCM, ne pas perdre de temps sur une question, il est préférable d’y revenir après.
  • ORAUX Chaque oral est différent, mais dans tous les cas vos motivations, expériences et informations personnelles vous seront demandées. Sur les blogs d’orthos (voir liens plus bas), vous trouverez des questions posées à l’oral. Personnellement, redoutant cette épreuve, je me suis préparée à toutes les questions que je pouvais trouver… donc l’entretien perso ne m’a jamais surpris sur les 4 oraux que j’ai passés car je m’y attendais. Il est également demandé dans beaucoup de villes de réaliser des exercices techniques, très variables, d’où la nécessité de se préparer différemment à chaque oral (cf blogs d’orthos).

6. QCM plus 

Parallèlement à la fac, ce site était ma base de travail pour les concours. Très bon plan pour les petits budgets, il propose de nombreuses ressources : annales, QCM de français, culture générale, bio, tests psycho, ainsi qu’un concours blanc hebdomadaire avec classement. Pour travailler le français notamment, ce site est top. En plus, faire des QCM d’entraînement est plus divertissant que de se bourrer le crâne avec des cours, et ça permet d’apprendre efficacement !

QUELQUES TUYAUX / SITES / CHOSES A SAVOIR

  • Cibler les thèmes que l’on révise en culture gé, mais pas d’impasses en grammaire/conjugaison car il y en a partout (désolée pour celles et ceux qui n’apprécient pas, mais on finit par apprécier !).
  • http://www.qcmplus.fr : ma base de travail, pour bosser le concours à partir de QCM pour un petit budget.
  • Quelques sites utiles pour s’entrainer en culture générale et tests psycho 

http://tests-psychotechniques.appspot.com

www.cyberprofesseur.com (des cours et tests d’orthographe, grammaire, vocabulaire sur les confusions courantes).

http://www.letudiant.fr/quiz/culture-generale.html ( des tests de culture gé bien foutus sur des thèmes divers).

  • Des blogs d’étudiants en orthophonie qui reviennent sur leurs années de préparation : conseils, astuces, annales…pour comparer différents points de vue 

http://orthoflonie.over-blog.com

http://orthoprep.over-blog.com

http://jereussisleconcoursdorthophoniste.com

http://orthophoniemonamour.blogspot.fr

http://toutenortho.canalblog.com

http://concoursorthophonie.over-blog.com

http://concours-ortho-annales.skyrock.com (des sujets d’annales)

  • Se renseigner sur le métier 

http://futurortho.wifeo.com (Bons articles sur les pathologies abordées en orthophonie, et des annales)

http://orthophonie.over-blog.fr (des infos sur le métier)

  • Un conseil pratique, économique et bon pour le moral !

Les étudiants des écoles d’ortho proposent souvent d’héberger des candidats la veille/lendemain des concours. Sans parler de l’économie que ça représente, ça fait du bien au moral ! Vérifiez l’info sur les sites des associations d’étudiants en ortho (Métafor pour Strasbourg, GEOD pour Besançon, AEOL pour Lyon, AFON pour Nancy…) et n’hésitez pas à les contacter !

  • Quelques films en lien avec l’orthophonie

Le scaphandre et le papillon (locked-in syndrome) ; Miracle en Alabama (Histoire d’Helen Keller) ; Le cerveau d’Hugo (autisme) ; Le discours d’un roi (bégaiement).

CONCOURS PAR VILLE

BESANCON

D’abord, pour ceux qui râlent en allant à Besançon car c’est gris, c’est petit… Sachez que c’est une très jolie ville où il fait bon vivre (je viens de là-bas et j’y ai étudié 2 ans), même si c’est effectivement plus petit qu’ailleurs.

  • ECRIT (1ère partie, qcm) : ceux qui font les sujets sont fiers de leur ville et de leur région ! Stations de ski Franc-comtoises, fromages (morbier, comté, cancoillotte, mont d’or…), personnalités nées en Franche-Comté… ça vaut le coup de se renseigner (http://www.franche-comte.org/a-voir-a-faire) ! Il y a évidemment beaucoup de questions de langue, et pas mal de sciences du langage et compétences de l’ortho.
  • ECRIT 2ème partie, résumé et dictée : L’an dernier il s’agissait de résumer brièvement un texte de plusieurs pages, sans prise de notes pendant la lecture (environ 20 minutes). Méthode : dégager rapidement le plan du texte et le mémoriser pendant le temps imparti pour la lecture. Dans la dictée à corriger, il y avait une faute à « Franc-comtois », ils y tiennent vraiment à leur région, jusqu’au bout !
  • ORAL : Je me suis présentée à cet oral en toute tranquillité, car j’étais déjà admise à Strasbourg. J’ai été honnête et j’ai été admise ! Ils m’ont posé les questions auxquelles je m’attendais sur mes motivations, expériences, sans exercices particuliers.

STRASBOURG

ECRIT : la dissertation concerne en général un thème lié à l’orthophonie (l’an dernier, la lecture). Aucune réponse n’est précisément attendue et tous les candidats répondent très différemment. C’est la façon de s’exprimer et la pertinence du discours qui est jugée. Alors pas de panique, prenez plaisir à écrire et tout ira bien ! Pour les QCM de culture générale et français, reportez-vous aux annales.

ORAL : de loin l’oral le plus agréable que j’ai passé. La veille, des étudiantes de 2ème année ont réservé un accueil très chaleureux aux candidats : visite de la ville l’après-midi et repas au restaurant le soir. J’ai été hébergée le soir par l’une d’entre elles, qui m’a accompagnée le lendemain. J’étais détendue en arrivant sur le lieu, grâce à leur bonne humeur et à leurs encouragements. Il y a 3 entretiens à l’oral de Strasbourg :

  • Un psy, qui donne juste un résultat positif ou négatif. Il m’a demandé ce que j’avais fait avant, si j’avais des frères et sœurs, comment je m’entendais avec ma famille, si j’ai fait une dépression, et il m’a beaucoup parlé de la confrontation à la souffrance en orthophonie, en me demandant si je m’y sentais prête.
  • Un oral de groupe : une dizaine de candidats discutent d’une question posée par les examinateurs (après 10 minutes de réflexion personnelle avec prise de notes). Le jury observe la façon dont les candidats se comportent dans un groupe. Il faut un juste équilibre : ne pas monopoliser la parole mais ne pas rester en retrait, encourager les autres dans leurs réponses ou expliquer pourquoi on n’est pas d’accord… Débat de 2015 « La relation d’aide s’apprend-elle ? ».
  • Un entretien personnel (jury composé d’un directeur, de profs) : d’abord une mini dissertation à préparer sur un texte, que vous exposerez à l’oral après y avoir réfléchi à l’écrit. Ensuite, le jury pose les questions basiques. Pour moi, elles étaient sans surprises et je m’y étais préparée : « quel est votre parcours ? » (bac, prépa, fac, exercice professionnel…), « Avez-vous des loisirs ? », « Avez-vous déjà travaillé ? »…

LYON

ECRIT : épreuves rédactionnelles très rapides, c’était un concours stressant pour moi qui aime prendre mon temps pour réfléchir (j’ai cependant accédé à l’oral la 2ème année).

  • QCM de langue, culture générale et tests psycho.
  • Résumé : un texte nous est donné pendant une courte durée, puis retiré avant de rédiger le résumé (prise de notes autorisée mais retirées également). Lan dernier, texte de plusieurs pages à résumer brièvement.
  • Epreuves rédactionnelles : plusieurs, de courte durée, très variable selon les années. Quelques sujets : « Ecrivez une missive du grand nord en y intégrant les mots suivant : … », « Votre ami s’est réorienté dans l’élevage d’escargots, envoyez-lui une lettre pour lui exprimer votre avis ».

ORAL : beaucoup d’exercices. Exemples : regarder une image et dire ce qu’elle nous évoque (l’an dernier pour moi, une silhouette encapuchonnée regardant une montagne), jouer une saynète de théâtre à partir d’un thème donné, chanter une chanson, une comptine…

NANCY

  • ECRIT : ce sont toujours les mêmes types de questions et d’erreurs qui reviennent à Nancy. Alors ça vaut vraiment le coup de bosser les annales avant. QCM : tests psycho, épreuves de langue, et une épreuve rédactionnelle au choix (résumé, dissertation ou commentaire il me semble). On a le temps de réfléchir.
  • ORAL : c’est un des plus techniques. Vos motivations et votre parcours vous sont demandées assez brièvement par écrit au départ. Ensuite, il y a 3 entretiens différents avec des exercices demandés : lire un texte à haute voix ; répéter des phrases avec la même intonation ; lire 3 textes destinés respectivement à un enfant, un adulte ou une personne âgée… Finalement, un passage à l’hôpital est obligatoire pour vérifier que tout est ok (vue, audition).

NICE

Pour moi, cet écrit était décourageant car les épreuves sont rapides. Pour celles et ceux qui sont doués pour ça, je vous le conseille ! Pas la peine de dire que je ne suis pas allée à l’oral pour ce concours.

  • Dictée : 5 phrases très longues et complexes, lues une 1ère fois, puis dictées très rapidement (avec l’accent du sud !). Pas de relecture.
  • Synthèse : d’environ 20 documents en 1h30. Si vous passez ce concours, entrainez-vous ! Aidez-vous des titres des documents surtout, car tout lire est impossible !

TOURS

  • Questions sur un texte scientifique ou littéraire : c’est l’épreuve spécifique de ce concours. Un article spécialisé vous est donné, et il faut répondre à des questions pour montrer que vous avez bien compris. Ça peut paraître facile dit comme ça, mais l’an dernier les informations contenues dans le texte ne permettaient pas toujours de répondre aux questions. Il valait mieux être issu d’une filière scientifique pour y arriver ! Thèmes : défenses immunitaires en 2015 ; génétique en 2014. Ce concours contient également un QCM de français avec quelques questions de culture générale (quand je l’ai passé, il y avait à peu près 5 questions de culture gé !).

Bon courage à tous, et surtout restez motivés, vous ne le regretterez pas.L’école d’ortho c’est passionnant, sans parler du métier ! 😉


Camille L. (1A)

J’ai passé 10 concours l’année dernière, et 3 l’année d’avant, mais c’était seulement pour me donner une idée. Comme j’étais déjà en études supérieures (études de langues étrangères), j’ai préféré prendre la prépa du CNED, moins chère et aussi efficace qu’une prépa “classique” pour peu qu’on soit capable de s’organiser et de travailler seul(e). Mes conseils :

  • Ne pas négliger la culture générale. Les candidats sont souvent très bien préparés en langue française, la culture G est alors le meilleur moyen de les départager…
  • Faire des pauses et trouver des façons ludiques d’apprendre (cartes, interro par les amis ou la famille, qui…) : entrer en école d’orthophonie c’est bien, avoir gardé une bonne santé mentale à la fin de l’année c’est mieux!
  • Bien s’entourer : les amis, la famille, les autres candidats, un ancien prof que vous adorez… Le soutien est primordial pour garder le moral!
  • Faire des annales régulièrement, en respectant le temps d’épreuve des concours (le jour J ça passe très très vite, je n’ai pas eu le temps de terminer les QCM de Caen et Besançon par exemple)
  • Faire des dictées régulièrement, si ce n’est tous les jours. Normalement “Les Dictées” de Bernard Pivot deviendra votre Bible pendant un an de toute façon!.. Plus sérieusement, les dictées sont un moyen hyper efficace de revoir et de fixer plein de choses en même temps : grammaire, conjugaison, vocabulaire et orthographe. Souvent on se rappelle de la dictée dans laquelle on a revu telle ou telle règle, tel ou tel mot, du coup ça fait un indice pour se le rappeler plus facilement.
  • Déléguer la partie logistique : les trajets, les pique-nique, les inscriptions, les chèques, l’hôtel parfois… Rien de plus stressant quand on sait qu’on a autre chose à penser. Si possible trouvez quelqu’un au moins pour vous accompagner dans ces tâches administratives chiantes, et dans l’idéal pour vous accompagner physiquement pendant les concours. En plus ça resserre les liens! (Papa je t’aime <3)
  • Dé-dra-ma-ti-ser : prenez du recul sur ces concours. C’est un passage obligé pas marrant, mais ce n’est pas la peine de vous en rendre malade! Dites-vous que chaque année environ 800 personnes le réussissent finalement! (oui je sais c’est facile de dire ça, mais vraiment, il faut se forcer). Après tout, un an, deux ans, c’est quoi dans une vie ?

Maurine (1A)

A toi, candidat(e) au concours et futur(e) collègue !

Si, comme moi, tu as eu envie de tout envoyer valser, de tout arrêter parce qu’épuisé(e) par cette préparation au fameux concours…alors peut-être que mon humble témoignage te redonnera un peu de poil de la bête ! Je m’appelle Maurine et j’ai 21 ans. C’est après 3 années que j’ai décroché le concours d’entrée à l’école d’orthophonie de Strasbourg. J’ai fait un Bac Littéraire suivi d’une Licence en Lettres Modernes (parcours Étude et Pratique du Français) à l’Université Paul Valéry de Montpellier. C’est une licence dans laquelle quelques heures sont dédiées à la préparation au concours d’orthophoniste. Le pourcentage de réussite pour entrer en école étant très faible, je trouvais que c’était un bon compromis. En cas d’échec, j’avais quand même un diplôme qui m’assurait une sécurité pour une éventuelle poursuite d’études universitaires. J’ai présenté trois concours la première année (Bordeaux, Strasbourg et Montpellier) et six la deuxième (Strasbourg, Nice, Paris, Caen, Nancy et Lille). Durant ces deux ans, je n’ai été que pré-admissible à Strasbourg. Mes classements n’étaient pas catastrophiques mais pas suffisamment bons pour accéder à l’oral… petit (ou plutôt très gros coup dur) !

En 2015, je repars donc pour une troisième année de licence et un nouveau tour de France. Je présente alors six concours : Bordeaux, Strasbourg, Nice, Besançon, Lyon et Lille. J’espère de tout cœur que cette année sera la dernière et je mets tous les moyens en œuvre pour décrocher les écrits ! Les Bordelais, Lyonnais et Lillois ne voulaient pas de moi mais je suis admissible à Strasbourg, Nice et Besançon ! Joie ! Enfin ! J’ai décroché l’oral de Strasbourg le 19 mai (le trajet Strasbourg-Montpellier, lendemain de l’oral, ne m’a jamais paru aussi merveilleux…malgré les 2h de retard de la SNCF. J’ai même eu droit aux félicitations du contrôleur d’abord affolé me voyant pleurer comme une madeleine puis heureux pour moi …c’est dire 😉 ! ). En quelques minutes je passais du statut d’une étudiante galérant depuis 3 années à celui d’une future ortho … je n’y croyais pas … puis quelques jours plus tard, j’avais ma licence en poche. Quelle revanche ! Encore aujourd’hui je ne réalise pas tout à fait. Toi aussi, tu connaîtras cette joie, n’en doute pas ! Je sais combien le fait de vivre avec ces doutes permanents (Vais-je l’avoir un jour … ? Beaucoup travaillent comme des forcenés et ne l’ont pas… Pourquoi moi ? Et si je n’y arrive pas ? Que vais-je faire ?…) est douloureux et terriblement angoissant. MAIS il faut croire en toi, fort fort et encore plus fort ! L’expérience des concours est difficile mais elle permet de prendre un peu plus confiance en soi au fil du temps, malgré les échecs ! Une de mes professeure de fac me répétait tout le temps : « Si vous, vous ne croyez pas en vous, qui y croira ? ». Alors, crois en tes capacités et à ce rêve aussi. Il ne faut pas baisser les bras, jamais. N’écoute pas ceux qui te diront : « Moi je les ai passés pendant 5 ans et j’ai jamais rien décroché », « Tu retentes ? Tu vas quand même pas passer ta vie à tenter un concours ? Rends-toi à l’évidence. », «  Et si t’as rien, tu vas faire quoi l’an prochain ? » … Là il faut ravaler ses envies de meurtres, qui, je sais, sont puissantes et ses doutes aussi ! C’est à force de travail, de courage, de persévérance, de volonté et de confiance qu’on y arrive !

Je pourrais encore écrire davantage sur ces trois ans, sur les écrits et l’oral mais je vais m’arrêter là. Si des questions te viennent ou si tu as envie d’en savoir plus (sur la licence de la fac de Montpellier, sur mes méthodes de travail, sur mon ressenti de l’oral …) n’hésite surtout pas à me contacter :m.graindorge0@laposte.net. J’essaierai de te renseigner et de te rassurer au mieux ! Même en passant par un cursus autre que celui de la prépa, on peut y arriver.

Courage à toi ! A très vite pour une bonne bière alsacienne !


Rachel (1A)

Salut tout le monde !!!

Je m’appelle Rachel, j’ai 22 ans, et je viens de Nîmes ! Il m’a fallu un peu de temps avant de savoir ce que je voulais faire : après avoir obtenu mon bac L, je suis partie en hypokhâgne /khâgne et c’est à la fin de ma 2ème année que j’ai (ENFIN !!!) trouvé ce que je voulais faire : orthophoniste ! Du coup je me suis renseignée sur les modalités, la formation, le concours (ah ben oui 😀 ) etc… et je me suis inscrite en prépa à Montpellier. La 1ère année malheureusement, je n’ai rien obtenu, mais j’étais on ne peut plus déterminée à faire ce métier-là, pour moi c’était ça et rien d’autre, alors je ne me suis pas découragée, j’ai peaufiné mes méthodes de travail, cerné les points sur lesquels je devais accentuer mes révisions, retroussé mes manches, et hop, j’étais repartie pour un 2ème tour de France. Mes efforts ont payé car j’ai obtenu des admissibilités dans plusieurs villes. Strasbourg était ma dernière ville d’écrits et c’est pourtant la 1ère à avoir publié ses résultats définitifs : j’étais admise sur liste principale, je n’y croyais pas, j’étais tellement heureuse ! L’oral s’est plutôt bien passé : sur toute la journée, on avait trois entretiens : un avec un psy, avec le jury et un dernier pour un oral de groupe de 30mins. Avec la psy, ça s’est bien passé, c’était rapide, souriant, pas de piège. L’entretien avec le jury a dû durer 15 min je pense, j’étais un peu sceptique en sortant étant donné qu’ils n’avaient rien laissé transparaître, je n’avais donc pas « d’indices » pour savoir comment mon passage avait été perçu. L’oral de groupe était l’épreuve qui me mettait la moins à l’aise, et au final, c’est celle que j’ai préféré car je n’ai pas du tout eu l’impression que j’étais en train d’être évaluée, je me sentais plus du tout dans l’ambiance « concours » : on était là toutes à discuter, chacune respectait le temps de parole de l’autre, c’était vivant et hyper enrichissant. Et puis le thème aussi était très intéressant : « La relation d’aide peut-elle s’apprendre ? ». Bref, c’était beaucoup plus agréable que j’aurais pu le penser. Ce que j’ai beaucoup apprécié à Strasbourg c’est que contrairement à d’autres villes, ici on ne cherche pas à vous piéger avec des exercices plus tordus les uns que les autres, mais simplement à savoir qui vous êtes. Et puis on a été super bien accueillis par les filles de l’école qui étaient là toute la journée pour nous soutenir, et ça, c’était vraiment chouette. L’autre avantage c’est que le lendemain matin de l’oral (autour des midi plus exactement), les résultats étaient publiés ce qui nous a permis d’être rapidement fixés et nous a évité un (gros) stress latent.J’étais prise aussi à Montpellier, mais j’avais envie de changement, et de découvrir un peu ce Nord dont on me parlait tant, alors c’est Strasbourg que j’ai choisi.

Si vous voulez des conseils, voilà ce que je pourrais vous dire :

  • Si c’est vraiment ce métier-là que vous voulez faire et pas un autre, battez-vous, non pas contre les autres, mais pour VOUS. Je suis persuadée que si on est vraiment déterminé et qu’on a fourni les efforts nécessaires, ces derniers sont toujours récompensés, de quelque manière que ce soit.
  • Gardez des moments pour vous, pour faire du sport, des activités, des sorties entre amis, etc. C’est hyper important, et même si on aura toujours quelque chose à travailler ou réviser, il faut prendre le temps pour.
  • Ne vous laissez pas influencer par ce que les autres ont fait, feront ou donneront à voir d’eux-mêmes : l’essentiel et la seule chose qui compte, c’est ce que vous vous ferez.
  • Croyez en vous et ne baissez pas les bras si des obstacles se présentent : ça fait partie du jeu, et il faut les surmonter pour parvenir au Saint Graal ;).
  • Venez à Strasbourg (instant pub, ouais je sais, mais en même temps c’est tellement trop bien ici que c’est difficile de ne pas le faire :-P) : l’école est top, la ville juste extra, les gens très agréables.

Alors oui il fait peut-être un peu froid l’hiver, mais l’ambiance ici est tellement chaleureuse que le temps, ce n’est vraiment qu’un détail !   Je vous souhaite bon courage et plein de réussite !

Pour celles/ceux qui passeront Strasbourg, on se dit au 5 avril, on sera là pour vous soutenir !! 😉


3) Les reconversions professionnelles

Aline (1A)

Témoignage d’une reconvertie….

Ah ce satané concours, ce n’est pas une mince affaire !!

  • L’idée émerge

Mais finalement, ce n’est pas seulement le concours… car vouloir devenir orthophoniste à 40 ans, c’est tout un projet ! Quelques années d’études en psychologie, puis en bureautique… Un emploi de responsable administrative pour aider les personnes âgées dépendantes, puis un autre comme formatrice sur logiciel… Bien dans mon métier, mais ma route a croisé le chemin des enfants DYS et de l’orthophonie. Je découvre ce métier, et sa mise en pratique. J’en vois les bénéfices et les correspondances avec mes aspirations profondes. Je fouille sur Internet, cherche des infos sur le métier, sur le contenu de la formation, sur les domaines d’activité concernés. Je vais sur des salons d’orientation, rencontre une orthophoniste pour me renseigner.

  • La possibilité de réaliser le projet

Mon envie est là, mais est-ce que le projet est possible au niveau familial ? car oui : cela retentit sur les personnes autour. Le concours et les études demandent du temps et /ou d’excellentes capacités de mémorisation, et d’organisation quand on a une vie de famille. Le secret des mamans est de gérer les priorités car l’organisation et le temps seuls ne suffisent pas !

Est-ce qu’on est capable de reprendre des études ? Que vaut-on ? le concours ne coute rien mis à part l’inscription (surtout si on le fait localement). Je me suis posé la question de le faire l’année d’avant, mais la date trop proche ne me permettait pas de me préparer autant que je le souhaitais, je n’ai pas pris le risque d’une déception, mais j’aurai pu découvrir en quoi consistait les épreuves. Ensuite il faut se lancer, se jeter à l’eau, prendre le risque… et parfois ne pas écouter les petites voix autour qui portent des jugements sans savoir en quoi consiste le concours, ou qui peuvent décourager. Il faut savoir ce qu’on veut. Ensuite selon le bagage qu’on a, l’expérience, les connaissances, il faut se préparer.

Je travaille à mi-temps. Arrêter de travailler pour entrer en prépa ? je consulte les propositions mais l’offre des prépas est excessivement chère et finalement pas suffisamment adaptée (parole d’ex-formatrice).

Faire le concours à proximité de chez moi uniquement ou en faire d’autres ? la situation familiale m’impose de tenter ma chance uniquement à proximité contrairement à ce qui est prôné dans les prépas. Non ! il n’y a pas forcément plus de chances de réussir si on en fait plus. Les personnes qui réussissent l’un des concours en réussissent aussi d’autres. D’autre part les concours sont couteux (inscription, transport, hébergement, et temps) et aussi très diversifiés. En choisissant un seul concours, j’ai pu focaliser ma préparation sur les épreuves de Strasbourg uniquement : QCM culture général sélectif, épreuve d’orthographe/ conjugaison/grammaire et commentaire/analyse de texte.

  • La préparation

Comment travailler ? par quoi commencer ?

Ne choisissant pas la prépa « physique », je me suis inscrite au CNED dès le mois de mai de l’année précédant le concours, pour moins de 400 euros, dont j’ai reçu rapidement les cours. Le CNED demande de l’organisation car personne n’est là pour nous donner des échéances ou de la motivation. Je n’ai pas envoyé les devoirs, et j’ai ciblé les connaissances liées à ce concours. En même temps, j’ai ciblé mes révisions en fonction de mes lacunes : me concernant la chronologie de l’histoire de France, mais aussi la littérature, les arts…

Mon livre de chevet de l’été a été l’Histoire de France pour les nuls. Pour alterner et compléter j’ai visionné beaucoup de vidéos « Secrets d’histoire » de Stéphane Bern, ou encore « Métronome » … les distractions se sont rendues utiles : musées, films historiques, jeux de sociétés comme le Trivial poursuit, ou encore qcm ou sites en ligne… il faut aussi tenir compte de ses points forts et points faibles et travailler en fonction, car si on ne passe pas le premier cap du qcm, ça ne sert à rien d’être très fort en commentaire…

Les contacts avec l’association des étudiants de l’école d’orthophonie METAFOR, sont précieux. Ils m’ont aidé à orienter mes révisions en me donnant des informations sur les épreuves et notamment en me faisant parvenir les annales. Lors des dernières semaines avant le concours, j’ai veillé à m’entrainer sur ces annales en respectant les temps d’épreuves pour me remettre en conditions d’examen.

Il faut penser à réserver un hébergement si nécessaire, à poser des journées de congés si on travaille, sur les jours des épreuves écrites et orales.

  • Les épreuves écrites

J’avais prévu d’être sur place la veille au soir, pour éviter le trajet. Il y a de quoi s’alimenter autour : plusieurs petites épiceries/sandwicheries. METAFOR est là aussi pour soutenir les candidats moralement avec quelques gourmandises. Prévoir tout le matériel nécessaire, la bouteille d’eau et de quoi gérer d’éventuels imprévus, ne pas être dérangé par le téléphone au cas où il y aurait une mauvaise nouvelle… Quel stress le jour J ! le contexte de la fac, toutes ces personnes, et jeunes personnes !Beaucoup de personnes sont accompagnées, ou en tout cas se regroupent. A la fin du QCM (50 questions tous domaines), tout le monde compare ses réponses même lorsqu’on s’est promis de ne pas en parler. Attention aux petits pièges des questions, qui vont faire toute la différence : deux réponses possibles car une des réponses n’est plus la dénomination courante, mais a été existante ; une question qui demande d’indiquer la réponse fausse, et non la réponse vraie ; une réponse indiquant un nom qui semble correct mais dont le prénom ne correspondra pas… Après la pause repas, il faut y retourner et garder la tête froide, qu’on ait réussi ou non le matin, ou en tout cas qu’on pense avoir réussi ou non le matin !!

Pour l’épreuve d’orthographe/grammaire, prenez en compte les rectifications orthographiques de 1990 (très importantes pour la personne correctrice) et si cela n’est pas précisé dans l’énoncé, vous pourrez le justifier dans votre réponse.

Pas de conseils concernant le commentaire : ce n’était pas mon point fort.

Le premier résultat tombe peu de temps après : le classement suite aux résultats du QCM. Contrairement à ce que j’ai lu sur beaucoup de forums, il n’y a pas de note minimum à avoir ! ce sont les X premières personnes (définies dans les conditions du concours), qui seront admissibles, c’est-à-dire les X meilleures notes, ce qui donne lieu à un premier classement. Les notes obtenues peuvent donc varier d’une année sur l’autre. Si plusieurs candidats ont des notes identiques dans le quota admissible l’ensemble de ces personnes seront donc admissibles, pour la correction des épreuves suivantes.

Les personnes recalées obtiennent leur note et leur classement, les personnes admissibles savent uniquement qu’elles sont admissibles : on ne sait donc pas du tout comment on se situe !!

On obtient les résultats du reste des épreuves écrites une semaine seulement avant la journée orale. Comme précédemment, soit on est recalé, et on obtient ses notes, et classement tenant compte de l’ensemble des épreuves écrites, soit on sait uniquement qu’on est admissible pour l’oral. On ne sait toujours pas comment on se situe. A ce stade il ne reste plus en général que 80 personnes, sur plus de 1200 au départ (en tout cas c’était à peu près le nombre de candidats de l’année dernière). Quand vous y êtes, c’est l’euphorie !

  • Les épreuves orales

L’année dernière METAFOR nous a proposé de nous retrouver la veille au soir, pour détendre l’atmosphère et faire connaissance. Beaucoup de candidats sur les 80 avaient répondu présents, et je le conseille vraiment : ça permet de découvrir quelques visages qui serviront de repère pour le lendemain, de faire connaissance avec les autres candidats, et de voir qu’on n’est pas la seule en reconversion, ou avec quelques rides J ! Certains sont très stressés, d’autres moins…

Chacun a son programme, mais il y a trois épreuves :

  • La rencontre avec le/la psychiatre : rencontre qui permet de voir si on n’est pas complètement déjanté. Il ne donne pas lieu à une note, mais approuve ou non le reste des épreuves. Prévoir de parler un peu de sa vie personnelle ou de ses intérêts.
  • L’épreuve orale individuelle : le jury est composé de 3 personnes de différentes fonctions (orthophoniste, phoniatre, neurologue…) qui seront vos futurs professeurs. Avant de passer devant eux, on nous donne le choix parmi 3 textes, à analyser et à présenter devant eux. L’astuce est de passer du commentaire du texte, de ce qu’on en a compris, à ce qu’il nous évoque à titre personnel. Attention !!! les personnes du jury jouent volontairement un rôle : certains peuvent ne pas du tout parler, vous « triturer » pour tester votre résistance. Le tout est de ne pas partir en vrille. Si vous bafouillez ou vous mélangez les pinceaux et que vous vous en rendez compte, dites-le en vous excusant et en reprenant, bref restez maitre de votre discours, mais n’affirmez pas des choses dont vous n’êtes pas sûr. N’oubliez pas la politesse et le sourire (malgré le stress).
  • L’épreuve de groupe : on se retrouve à 10 autour d’une table. Si vous avez fait connaissance avec d’autres candidats avant ça peut être un plus, ça permet de cerner un peu les caractères. Un sujet est donné, nous concernant c’était : la relation d’aide peut-elle s’apprendre ? l’objectif n’est pas de tout savoir et de monopoliser la parole dans le groupe, mais de faire en sorte que le débat se passe bien, et d’y apporter des éléments. Il faut donc préparer un peu sa manière de débattre. C’est un exercice difficile pour les caractères plutôt réservés mais aussi pour ceux qui se mettent trop en avant. Vous pouvez vous entrainer avec des amis par exemple, en notant chacun vos propres idées pendant quelques minutes auparavant.

A l’issue il faut prendre son mal en patience… mais attention, c’est l’ensemble des notes qui fait le classement et donc l’admission. Tellement d’attente, et tellement de tension, d’investissement, que le jour où ça arrive enfin, on a du mal à y croire, surtout quand le projet est vraiment investi ! Mais en tout cas c’est possible ! Dès la première fois, dans une seule école, pour une personne en reconversion, ayant des enfants !

Courage à tous, et on vous attend avec impatience !


Sonia (1A)

En passant le concours, j’ai été impressionné par le parcours que réalisent certains candidats : un quasi-tour de France, avec des trajets en train interminables, des nuits d’hôtels, des épreuves à n’en plus finir. Je voudrais dire avant toute chose que je suis convaincue que la réussite ne tient ni au prix de la prépa, ni au nombre de concours passés. Ce qu’il faut surtout, c’est bien se connaître, bien connaître ses attentes. Quand vous passez une série d’épreuves, avez-vous l’impression que cette tension permanente vous stimule et que vous êtes de plus en plus performant ? Ou au contraire, est-ce que la fatigue et le stress induits finissent par vous être préjudiciables ? Pensez-vous pouvoir vivre dans toutes les villes que vous « tentez » ? Etes-vous plutôt littéraire, ou plutôt scientifique (car tous les concours n’ont pas le même programme) ? Avez-vous besoin d’être encouragé, poussé, de vous inclure dans une dynamique de groupe ou savez-vous au contraire travailler en autonomie, auquel cas il n’est peut-être pas indispensable de vous inscrire en prépa.

Pour préparer les concours, je me suis inscrite sur le site QCMPlus. Je n’en parlerai jamais assez ; à mon sens, c’est le meilleur investissement du monde. C’est une formule tout à fait adapté à ceux qui ont un petit budget et qui peuvent travailler seul. L’abonnement coûte 45 euros par mois. On y trouve des cours de grammaire/orthographe, les annales des concours et des centaines de qcm pour s’entraîner sur absolument tout. Un concours blanc est organisé chaque semaine sur un temps limité à l’issue duquel un classement des inscrits est établi : on peut mesurer sa progression. L’atout majeur de ce site, c’est sa responsable : à chaque fois que je lui ai posé une question par mail, elle m’a toujours répondu dans la journée, même pendant les vacances. Moyennant quelques dizaines d’euros en plus, elle propose aussi des formules avec correction de devoirs écrits. Ce site n’est pas indispensable pour préparer des concours comme celui de Strasbourg, où la difficulté première n’est pas le français mais le QCM de culture G. En revanche, il est précieux pour des concours comme Bordeaux, où certaines questions de grammaire reviennent d’année en année.

Pour préparer Strasbourg, il faut absolument se procurer les annales et regarder comment les questions sont bâties. En reprenant les QCM de Culture G sur plusieurs années, on s’aperçoit que certains thèmes sont régulièrement traités : la musique, la géographie (capitales, ou pays frontaliers). Si l’on a envie de travailler cette épreuve, on peut se faire des fiches en conséquence. Pour ma part, je pense qu’elle reste assez imprévisible. Elle permet d’effectuer un premier tri de façon assez arbitraire ; ça passe, ou ça passe pas.
Dans tous les cas, si vous avez le sentiment d’avoir raté ce questionnaire, il ne faut absolument pas vous démobiliser. Je l’ai assez mal réussi, mais les autres épreuves m’ont permis de remonter dans le classement.

Concernant l’épreuve d’analyse/commentaire, là encore, il ne faut pas se laisser démonter. Une candidate assise devant moi dans l’amphi qui avait très bien réussi son QCM le matin n’a pas du tout aimé le sujet et a choisi de quitter le concours au bout d’une heure de composition à peine. Je ne me sentais pas inspirée non plus, mais je me suis dit que puisque je m’étais levée le matin, je resterais jusqu’au bout, et que dans le pire des cas, je pouvais toujours faire de mon mieux et obtenir une évaluation de mon travail. J’ai suivi ce plan, qui est assez bateau/passe-partout mais avait justement été proposé par une étudiante en ortho pour les candidats paniqués devant leur sujet :

  • une intro qui commence par un résumé en une phrase ou deux du texte, si possible des informations puisées dans notre culture G sur l’auteur, le courant littéraire (je n’en avais aucune), puis une annonce de la problématique et du plan ;
  • en première partie, une analyse assez littéraire du texte, comme on en produit pour le bac de français. Le but n’est pas de débusquer toutes les figures de style, mais plutôt de trouver deux ou trois thèmes/idées fortes de l’auteur et de démontrer comment ils sont traités (champs lexical, métaphores, etc)
  • en deuxième partie, on prend une de ces idées fortes, et on en fait une problématique, le point de départ d’une réflexion personnelle (qui ne doit pas nécessairement tourner autour de l’orthophonie!)
  • et on n’oublie pas de se garder un peu de temps pour rédiger une conclusion propre et relire son texte.

Si vous êtes retenu pour passer l’oral, il ne faut pas hésiter à solliciter l’association des étudiants pour demander quelques tuyaux. C’est ce que j’ai fait. Le week-end avant l’épreuve, j’ai eu la chance de passer deux heures au café avec une étudiante de deuxième année ; ça m’a rassurée.

Avant le jour J, il faut bien sûr faire le point sur ses motivations. Savoir expliquer/montrer :

  • pourquoi on veut faire ce métier ? (en étant honnête, il n’y a pas à rougir de ses motivations ou de ses ambitions personnelles)
  • l’image que l’on en a ;
  • pourquoi on se reconvertit lorsque c’est la cas, et ce qui n’allait pas dans le précédent choix de carrière que l’on avait fait (TRES important) ;
  • que l’on a réfléchi au fait que l’on va se trouver devant des personnes malades, avec des pathologies parfois lourdes ;
  • que l’on a compris que l’on va vivre loin de papa et maman pendant 5 ans, et qu’on n’a pas peur ;
  • que l’on a compris que l’on va devoir étudier des disciplines très scientifiques, et qu’on n’a pas peur.

Le jury est bienveillant. Il veut nous connaître, nous découvrir. Il ne cherche pas la perfection, mais plutôt, à mon avis, des personnes ouvertes, posées, à l’écoute, sûres de leur choix, qui ont réfléchi.

Avant d’en venir aux questions de motivation, il faut faire une sorte « d’exposé » sur un texte. On a le choix entre plusieurs textes. Pour ne pas se trouver démuni, je dirai qu’il faut simplement : s’entraîner deux ou trois fois à écrire quelque chose d’à peu près organisé sur un texte en un temps très court, et ne pas chercher à tout rapporter l’orthophonie. Dans le texte que j’ai choisi, je ne voyais aucun lien, donc je n’ai pas du tout parlé d’orthophonie.

Enfin, l’épreuve de discussion en groupe. Là encore, ce qui compte, ce n’est pas la fulgurance de vos idées. Il faut dominer son stress, être le plus naturel possible. Ne pas couper la parole, ne pas critiquer l’intervention d’un autre candidat (on n’est pas obligé d’être d’accord, mais on doit être bienveillant et à l’écoute), relancer la conversation, reformuler ce qui est dit, ne pas être complètement effacé mais ne pas non plus tirer toujours la couverture à soi, éventuellement essayer de redistribuer la parole lorsqu’il y a un temps mort… Bref, il faut se comporter exactement comme on le ferait avec des amis lorsque l’on passe une soirée à refaire le monde (on les laisse parler, on échange des points de vue…) Mieux vaut intervenir peu souvent mais à bon escient. Enfin, à l’issue du débat, il nous est demandé d’expliquer en quelques phrases ce qu’on a pensé du débat. Là, il faut juste ne pas être surpris par la question !

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